© WIKIMEDIA COMMONS – Eugène BOUDIN
De longue date, des navires de commerce ont croisé dans la baie de Somme
Par centaines se sont pressés, trois mâts, caboteurs et cargos
Leur précieuse cargaison à décharger…
Ils allaient et venaient
Incessant ballet de belles silhouettes…
Niché sur les rivages de la baie profonde
De beaux ports de commerce
Des siècles et des siècles de grandeur…
Depuis le moyen âge, St Valery accueille en son port, une multitude de navires, français comme étrangers.
Cette rade naturelle au creux de la baie, protégée des vents régnants et de tempête, offre un accès privilégié aux ports fluviaux de la Somme.
René NORMAND décrit avec force cette exceptionnelle activité portuaire :
« Si l’histoire civile et militaire de St Valery est écrite dans les pierres de la ville seigneuriale, son histoire économique est évoquée par le port, ce lieu est un témoin de son ancienne grandeur. Là se succédèrent des siècles durant des cargos de toutes provenances. Les quais sont maintenant déserts, inertes au bord de bassins que ne fréquentent plus les navires de haute mer parce qu’ils sont isolés du large à la suite d’un invincible ensablement. La mémoire peut pourtant raviver de belles images devant la toile de fond que brossent de vénérables bâtisses. »
Dès le XII ème siècle, Le Crotoy reçoit des navires de tous les coins d’Europe. Et dès le XVI ème siècle, les navires à destination d’Abbeville y font escale.
Situé au nord de la baie, le port du Crotoy dispose d’excellents atouts : un chenal qui, bien que divagant, se rapproche plutôt du Crotoy ; à cela s’ajoute un flot et des vents dominants qui dirigent naturellement les navires vers le port du Crotoy.
M.GEOFFROY, ingénieur des ponts et chaussées, écrivait en 1874 :
« Jusqu’à l’achèvement du canal maritime d’Abbeville à St Valery, Le Crotoy conserva tous ses avantages. Il recevait environ 500 navires par an, dont plusieurs tirant de 5 à 6 mètres d’eau. Mais à partir de l’époque où toutes les eaux de la Somme, jetées sous St Valery, creusèrent un chenal le long de la rive gauche, Le Crotoy commença à s’ensabler et perdit son importance. En 1862, pour préserver le port du Crotoy d’une perte presque certaine, on construisit le bassin de chasse. »
Au XIIème siècle, la baie de Somme occupe un vaste territoire, l’influence d’une marée peu se faire sentir jusqu’à Pont Remy.
Le port d’Abbeville en bénéficie.
A ce propos, Daniel BELLEBOUCHE écrit :
« La situation est propice au développement du commerce maritime et fluvial. Le port originel est au Guindal, le long du Canal Marchand. L’appellation Guindal tire son origine du cabestan (guindal, windas) servant à treuiller les marchandises sur le quai……Abbeville devient naturellement un port important au moyen âge… »
Sont construits le Quai St Paul et le Quai du Pont Neuf, quelque temps après, le Quai de la Pointe, tous destinés aux chargements et déchargements des navires de mer.
Mais, et oui, il y a un mais, Daniel BELLEBOUCHE poursuit :
« Ce port perd son importance notamment au XVIIIème pour retrouver un élan mais bref au milieu du XIXème grâce au Canal maritime. »
SOURCES
MINISTERE DES TRAVAUX PUBLICS Ports maritimes de France Paris, Imprimerie Nationale 1874
F.DALLERY Sur la côte d’Opale, les rivages de la Somme, autrefois-aujourd’hui-demain Paris, Editions A. et J. Picard et Cie 1955
SOCIETE D’EMULATION D’ABBEVILLE Les ports d’Abbeville à travers les âges Daniel BELLEBOUCHE 2014
FONDS DOCUMENTAIRE ASSOCIATION SOMME II