HISTOIRE_Baie de Somme


Baie de Somme

Lumineusement belle
Terriblement rebelle
Incroyablement généreuse

Illustration projet multimédia

BAIE DE SOMME

 

Une des plus belles baies du monde, n’est-ce-pas ?

 

Le long du littoral de la Manche qui file vers le nord, j’aperçois une profonde échancrure qui fouille au loin les terres…

La BAIE DE SOMME…

De belles mensurations,

Une étendue de 75 km2 pour 15 km de profondeur…

 

Bel estuaire de sable et d’eau 

 Baie de Somme, corps de sable et d’eau. Voir +

Baie de Somme, l’infini paysageVoir +

 

Empreinte mouvante et fascinante 

Onde-marée, curieux dialogue entre terre et lune…  Voir +

Galets, au fil du voyage via Le Hourdel…  Voir +

Bel instant, suspends ton vol… Voir +

Baie de Somme et humains, une histoire à raconter…  Voir +

 

Un vent de baie, un vent de rail  

Vent en baie de Somme, comme un effet papillon…  Voir +

Le Crotoy, au bon vieux temps…  Voir +

St Valery, bains de la ville, plage de la ville… Voir +

 

Au royaume des verrotières 

VERROTIERE, un métier … Voir +

VERROTIERE, une passion… Voir +

 

Sur les traces des jardiniers de la Baie de Somme  

Ramasseurs de passe-pierres, à la faucille…  Voir +

Ramasseurs de passe-pierres, au couteau…  Voir +

 

La saga des dos pliés  

Des coques, des outils et des hommes…   Voir +

Bébert, hénonnier expérimenté…   Voir +

 

Il est un fleuve qui source à FONSOMME et qui s’écoule paisiblement jusqu’à son estuaire.

 

Que nous raconte SAMARA ce fleuve tranquille ?

© PORQUET Christian

« Les roseaux me tressent un berceau, j’arrose les grands arbres, j’irrigue les champs. Les ailes d’un échassier me caressent. Je tente de le suivre. Je chante en roulant sur les cailloux qui tapissent mon lit, je m’étale, je me perds, je me retrouve, je contourne les obstacles….

 

…Je descends tranquillement la pente douce, je me perds dans des vallons, je me laisse engloutir dans la tourbe pour resurgir plus loin. Mon lit se creuse et j’avance toujours jusqu’à ce que je me heurte à une vague d’eau salée. C’est la mer. Je m’abandonne à elle en un estuaire magnifique… »

 

Extrait « SAMARA » ASSOCIATION ECRITOIRES 2022

De quel estuaire parle-t-on ?

 

Tout simplement de l’estuaire du fleuve SOMME, communément appelé « BAIE DE SOMME » depuis le XVème siècle.

 

 

 

Fonsomme : commune de l’Aisne situé à 86m

Samara : (samo : tranquille, ar : rivière) nom d’origine gauloise donné à la Somme par les romains 

 

 

ASSOCIATION SOMME II

BAIE DE SOMME

 CORPS DE SABLE ET D’EAU

 

Une mer de sable irriguée d’eau douce accueille à chaque marée le flux et le reflux des eaux de la MANCHE.

L’eau salée vient rencontrer l’eau douce…

© RANDO NATURE EN SOMME

© Christophe BAUDREY

Les bancs de sable sont maîtres en baie

Se déplaçant à chaque marée

Bousculant  les chenaux de navigation.

Bancs de sable, bancs de Somme

Postés à l’entrée de la baie

Des siècles durant, terreurs des navigateurs 

Aujourd’hui, ils ont baissé pavillon. Voir +

Glossaire :

Chenal de navigation : accès naturel à la mer

Flux : Flot ou marée montante

Reflux : Jusant ou marée descendante

Bâche : Dépression, allongée sur la partie basse de l’estran, occupée par une flaque d’eau après le retrait de la mer.

ASSOCIATION SOMME II

BAIE DE SOMME

 L’INFINI PAYSAGE

 

Eh toi là-bas ! 

Sable de la baie ! 

 

Où es-tu ?

 

Absolument partout…

J’accueille les marins à l’entrée de la baie

J’apparais à marée basse et disparais à marée haute comme par magie

J’habille certains rivages de belles plages de sable fin

Je sculpte d’autres rives d’opulentes dunes…

© Paule PORQUET / David DELANNOY / Christian PORQUET

D’où viens-tu ?

 

Naturellement de la Somme et de la mer…

Charrié sans fin par la SOMME

Emporté quotidiennement par l’onde-marée (de 6000 à 18000 T en une seule marée)… 

 

Où vas-tu ?

 

Evidemment…

Où le vent m’emporte

Où le flot me porte…

 

Que fais-tu ?

© Christian PORQUET

Imperturbablement…

Je me déplace, suspendu aux gouttes d’eau

Je me dépose au creux des bancs de sable et au fond des bâches

Le vent me soulève

Je survole le sol à grande vitesse 

Je crée des buttes au moindre obstacle

J’efface d’un seul trait les petites flaques

Un paysage métamorphosé…

 

Mais qui es-tu donc ?

 

Tout simplement…

Je suis… imbibé d’eau douce et noyé d’eau salée

Par le flot, chahuté

Par le soleil, brulé

Par la pluie, battu

Par le vent, modelé

Par le gel, mordu

Par la tempête, arraché …

Glossaire :

Bâche : Dépression, allongée sur la partie basse de l’estran, occupée par une flaque d’eau après le retrait de la mer.

 

ASSOCIATION SOMME II

ONDES-MAREES, 

CURIEUX DIALOGUE ENTRE LA TERRE ET LA LUNE

 

Ce curieux phénomène a son vocabulaire

A la rencontre du flot, 

 

Comme chaque jour, nous attendons la visite de la marée, fidèle elle ne rate jamais un rdv.

Au pied de mer, là-bas au loin, la mer gonfle, l’onde-marée s’élève et se déplace, selon son humeur, à pas de loup ou à coups de boutoirs, voilà le flot appelé aussi marée montante.

Elle s’étire et s’installe sur cette étendue entre ciel et terre jusqu’à la pleine mer, le plein, son niveau le plus élevé.

Maintenant, il est temps de prendre congé, de se retirer, c’est le jusant appelé également marée descendante.

La marée s’est tarie, la baie n’est plus qu’une mer de sable parcourue de chenaux, voici la basse mer.


 

Ce curieux phénomène a une explication scientifique

 

FRANCIS DALLERY a écrit,

« Le soleil et la lune exercent l’un et l’autre une attraction sur la terre et ses océans. La force d’attraction lunaire étant 2,2 fois plus grande que celle du soleil, c’est elle qui prédomine. Elle produit sur la terre deux gonflements de la mer diamétralement opposés. »


« Trois masses sont soumises à l’attraction :

(a)   Celle des océans faisant face à la lune

(b)   Celle des océans opposés à la lune

(c)   Celle de la terre »

© Francis DALLERY

 

En baie de Somme, on observe environ toutes les 12 heures, un gonflement ou onde-marée qui déferle sans retenue sur l’estran.

 

Cette onde-marée, imperceptible en pleine mer, s’amplifie lorsqu’elle pénètre dans un espace contraint comme une baie.

De même, l’amplitude de l’onde-marée varie de vive-eau à morte-eau durant la course effrénée de la lune autour de la terre.

© RANDO NATURE en Somme

 

Ainsi, FRANCIS DALLERY nous apprend que, pendant un mois lunaire de 30 jours, se succèdent,

« Le premier quartier : petites marées dites de morte-eau.

La pleine-lune : grandes marées dites de vive-eau.

Le dernier quartier : petites marées dites de morte-eau.

La nouvelle-lune : grandes marées dites de vive-eau. »

 

Après St Malo, les rivages de la Somme accueillent l’amplitude la plus importante avec un maximum de 11m40 à Cayeux sur mer.

© RANDO NATURE en Somme

 

En 1956, des températures polaires ont glacé les eaux de la baie, les ondes-marées ont accentué le phénomène et fabriqué d’imposants blocs de glace, une véritable banquise s’est installée en baie de Somme…  

 

ARCHIPOP/Henri GROGNET/Collection Guy GROGNET/ ARCHIPOP DR

 

ASSOCIATION SOMME II 

GALETS, 

AU FIL DU VOYAGE VIA LE HOURDEL

 

Le regard qui se porte au loin sur le rivage du Hourdel, aperçoit de nombreux cordons de galets enroulés, façonnés par la mer.

 

D’où proviennent ces innombrables galets ?

 

 Les galets sont des fragments de silex roulés, ils proviennent de la destruction des falaises du Cap d’Antifer à Ault. Ces falaises composées principalement de craie comportent entre les diverses couches superposées, des lits de silex.

 

© David DELANNOY

 

De nombreuses marées viennent battre ces falaises, parfois poussées par des tempêtes, elles battent violemment et érodent la muraille de craie.

 

Une fois tombés sur le rivage, les silex malmenés suivent un trajet en dents de scie qui les entraîne inexorablement vers le nord, et notamment vers la Baie de Somme, par le jeu des vents dominants et des courants.

Ces silex soumis à des frottements répétés et violents usent leurs angles, deviennent des boules ou galets.

Comme les sables, les galets sont mobiles, ils sont les jouets de la mer, les lames les soulèvent et les chassent le long des côtes formant des cordons de galets qui s’enroulent depuis des siècles les uns auprès des autres.

  © Francis DALLERY

Et c’est ainsi que par éperons successifs les galets ont progressé depuis les falaises jusqu’à la Pointe du Hourdel, extrémité recourbée du cordon de galets. C’est principalement les courants de flot et de jusant qui contribuent à lui donner cette forme arrondie.

 © Francis DALLERY

 

Une dynamique sans cesse renouvelée qui explique la progression de cette pointe en perpétuel mouvement.

 

© Christophe BAUDREY

 

ASSOCIATION SOMME II

DAVID DELANNOY a écrit…

 

BREVE DE VOYAGE…

 

Cayeux, quelque part sur le « Chemin des Planches ». Apprendre la patience, attendre les offrandes…

 

© David DELANNOY

 

Des silhouettes détachent leurs sombres contours sur la toile orangée.

Quelques touristes observent les manigances du soleil.

 

C’est l‘heure des poses alanguies, des bras enlacés, des cous appuyés sur l’épaule des hommes, l’heure des songes.

 

Le temps est suspendu.

 

Bientôt l’astre, réduit à la taille d’un disque incandescent, décline derrière les nuages tandis que les roses et les rubans d’or capitulent à la faveur de la nuit..

BAIE DE SOMME ET HUMAINS, 

UNE HISTOIRE A RACONTER

 

Des siècles durant, se sont pressés sur les rivages de la baie des explorateurs grecs, des colonisateurs romains, des pirates normands, des guerriers de toutes contrées, des navigateurs marchands, de modestes pêcheurs…

Une baie, à l’incontestable beauté, aux eaux poissonneuses, aux abris sûrs, à l’accès aux terres intérieures et aux rivages hospitaliers… fait des envieux.

Dominant la baie, St Valery sur Somme a connu une histoire civile et militaire tourmentée, écrite dans les pierres de la Ville Haute, autant d’atouts préjudiciables à une paix durable.

© Collection ASSOCIATION SOMME II

 

Son histoire économique est évoquée par ses ports, Cayeux-Le-Hourdel, Le Crotoy et St Valery sur Somme.

 

Par 300, les caboteurs débarquaient aux années fastes, sel, bois, vins…et chargeaient galets, draps, céréales… Ils venaient d’ailleurs, de France et de pays d’Europe, pour commercer avec la baie, certains jusqu’à Abbeville et plus encore. Ils n’hésitaient pas à emprunter les perfides chenaux  aidés par le balisage, le dragage et les pilotes experts en la matière.

 

Par dizaines, les sauterelliers couvraient la baie de leurs voiles blanches, puis de leur moteur ardent, pour s’en aller cueillir la petite pêche ou, pour les plus ambitieux, prétendre aux harengs, aux maquereaux…

 

© ARCHIPOP

 

Des élèves du Collège de la Baie de Somme ont écrit ceci,

« J’évoque ici

L’esprit de la Baie de Somme

Tel un bateau de pêche rempli de harengs scintillants

Je regagne le port, me frayant passage entre les balises

Rouges à bâbord

Vertes à tribord

Evitant de m’ensabler … »

Une reconnaissance nationale de cette activité florissante a octroyé à St Valery, une amirauté puis un Tribunal de Terre et de Mer et un quartier maritime SVSS.

© Collection ASSOCIATION SOMME II

Un invincible ensablement a éloigné de la baie, marchands et pêcheurs  et  tous les attributs des grands ports.

Aujourd’hui, évoquer ces moments, les faire revivre en toute occasion, nous paraît essentiel. Nous avons reçu cette histoire en héritage, à nous de la transmettre aux générations futures. Voir+

ASSOCIATION SOMME II

© Charles SAMSON

VENT EN BAIE DE SOMME

 Comme un effet papillon…

 

VENT,

D’où viens-tu ? Que fais-tu ? Où vas-tu ? Quand reviendras-tu ?

 

Un mouvement d’air… Le vent…

Elément naturel

Douce brise, cinglante bise, vent de tempête violent et puissant

 

EN BAIE DE SOMME 

COMPRENDRE LE VENT ET SES EFFETS 

 

Les vagues, un outil

Le souffle du vent ride la surface de l’eau

Ces rides enflent et se propagent en surface

Les vagues, la houle

Puis chemin faisant, les vagues atteignent la côte et déferlent

© Francis DALLERY           

Les vents régnants et dominants, qui sont-ils ?

 

Francis DALLERY écrit :

« Sur les rivages de la Somme, les vents sont plus fréquents et plus forts lorsqu’ils soufflent du sud-ouest, et plus exactement entre l’ouest et le sud-ouest »

 

Parfois des tempêtes

© Christian PORQUET

Une violente perturbation atmosphérique surgit, c’est la tempête

Un vent rapide et fort souffle en rafale

La mer est formée, des vagues de 3 à 4 mètres

Le vent ripe sur les crêtes des vagues et chasse les embruns

 

La tempête peut nous surprendre à n’importe quel moment

Les plus violentes s’invitent pendant les marées de vive-eau

Particulièrement aux équinoxes d’automne et de printemps

 

   Pour le rivage de Cayeux-sur-mer, Francis DALLERY précise : :

© Francis DALLERY           

«  La vague se heurtant sur le talus de galets déjà en place se comporte un peu comme une large pelle raclant les galets et les projetant jusqu’au niveau le plus élevé. »

Météo, prévisible ou imprévisible

 

Lire dans le ciel la météo à venir

Un ciel clair, vers l’horizon une vue infinie

Un ciel pommelé d’une infinité de nuages blancs

Un soleil couchant vermillon

Présagent des coups de vent

Des nuages stratifiés et un soleil couchant rouge-sang

Annoncent une période de pluie

© David DELANNOY          

Repérer dans l’air la météo future

 

De l’ouest, un vent à pluie

Du nord-ouest, un vent à froid, à gel parfois

Du nord-est, un vent à froid et à brume, à neige parfois

Du sud, un vent à crachins, l’été

Vent et marée

 

Vent qui souffle influe sur la marée

 

Vent qui souffle de la zone ouest

Marée gonflée

Niveau de marée élevé

Heure du flot avancée

Jusant retardé

 

Vent qui souffle de la zone est

Marée retenue

Effets inversés

 

Flot déroulé, état du ciel perturbé

 

Courant d’air adoucissant apporté par le flot

Le ciel retourne sa tête

Chassée la pluie, le ciel bleu reprend ses droits

Ou

Parti le beau temps, voici la marée du ciel, des grains

© Christian PORQUET

Littoral au vent

 

Du sable dans le vent

 

Sables emportés en rase-mottes par le vent

Brume de sable dans l’air

Entraînée à l’infini par ce vigoureux courant

Au moindre obstacle, petites buttes formées

© Christian PORQUET

Du vent dans les vagues

Vagues emportées par le vent

Littoral

Croqué par ci, comblé par là

© Christian PORQUET       

Vent de pluie

 

Parfois le vent précède la pluie

Les élèves du Collège de la baie de Somme ont écrit :

 

« L’esprit de la baie, c’est

Du gris, du gris partout

Partout quand les nuages pleurent

Le gris dégoulinant sur les façades

Le gris sur la mer fondue au gris

Le sable humide et gris

Le silex des galets gris, gris, gris »

 

ASSOCIATION SOMME II

DAVID DELANNOY a écrit…

 

LE CROTOY

 AU BON VIEUX TEMPS

© David DELANNOY

Il suffit de  vous retourner juste un peu vers l’arrière pour voir affleurer les images du passé et … quelques silhouettes, dans un lointain brouillé…

Me trouvant un jour à la maison de la presse du Crotoy, feuilletant  un livre de vieilles cartes postales, je suis tombé sur cette image venue d’ailleurs…

De solides gaillardes, au teint halé, entourées de bambins, posaient  pour la gloire, devant les cabines en bois des villégiaturistes bien nés. Elles tenaient, à la pointe de leur longue pelle, un baquet pour les vers récoltés, à force de contorsions, dans les vasières de l’estuaire. Les regards des « verrotières », ainsi nommées, semblaient porter, sous leurs bonnets étroits, toute la dignité du pays. Et je me plaisais à penser que ces figures rieuses observaient d’un air goguenard  un  frêle photographe à la barbichette, venu de la ville.

C’est toute la magie, la force d’une photo ancienne,  capable de susciter l’imagination et  faire ressurgir un métier de femme de marin quasi disparu, un monde passé.

© Fonds documentaire ASSOCIATION SOMME II

            J’imagine qu’après cette éphémère notoriété, les spécialistes du fouissage en baie avaient dû retourner à leur quotidien moins exotique, aux caprices des marées, au régime des vents. 

© Christian PORQUET

J’ai remis le livre au rayon des souvenirs et suis sorti en direction de la plage. De la boutique au sable, il n’y a que quelques pas de côté. Face à moi, les franges ocrées et lointaines du Marquenterre et cette douce lumière, abolissant les secrets, qui déclinait lentement sur le désert minéral au milieu des salicornes pionnières.

 

… Entre les frontières indécises, une ombre éphémère a surgi brouillant quelque peu la vision du passé … une ombre rieuse et gaillarde, coiffée d’un bonnet blanc, sortie d’un tableau qu’aurait pu signer Millet.

ASSOCIATION SOMME II

ST VALERY SUR SOMME

BAINS DE LA VILLE 

PLAGE DE LA VILLE

 

Début XIXème

De St Valery au Hourdel

Une digue à trois estacades invite à la promenade

Quelques rares voyageurs y cherchent l’inspiration

Des artistes, des écrivains…de belles personnes

Côtoient de riches privilégiés d’outre-Manche

© Collection Patrick VUE

1847

Coup de tonnerre dans ce beau ciel 

Le rail débarque, 

Arrêt à Noyelles sur Mer, puis à St Valery

Tout le monde descend

© Collection Patrick VUE

St Valery, cette petite ville médiévale charme les touristes

Au pied des remparts, s’étalent  les bains de la ville

La Tour Harold est prise d’assaut

Plage avec cabines, salon pour baigneurs, casino pour se divertir

Un passeur à voile … Se perdre au cœur des vasières

© Collection Patrick VUE

Les voilà,

Ils viennent de Paris, en horde sympathique

Respirer l’air pur

Prendre un bain de santé, jeux d’eau, jeux de sable

© Collection Patrick VUE

Un siècle plus tard

Valéricains de la haute ville et vacanciers 

Fréquentent la plage de la ville

Aujourd’hui

Béatrice se souvient Voir +  

ASSOCIATION SOMME II

SOURCES :

F.DALLERY Sur la côte d’Opale, les rivages de la Somme, autrefois-aujourd’hui-demain, Paris, Editions A. et J. Picard et Cie 1955

 

https://inventaire.hautsdefrance.fr/

FONDS DOCUMENTAIRE ASSOCIATION SOMME II

VERROTIERES, UN METIER

 

Entre vasières et mollières

© Christian PORQUET

La Baie de Somme, vaste estuaire du fleuve Somme, espace proie des marées, abrite des vasières (slikke) et des molières (schorre) :

       En aval, la slikke : vases molles, sans végétation, recouvertes à chaque marée. 

Véritable garde-manger, elle héberge bactéries, invertébrés (gastéropodes, crabes verts…), et oiseaux (avocettes, tadornes de Belon, mouettes rieuses…).

 

       En amont, le schorre, immergé aux grandes marées.

Se caractérise par une végétation halophile (adaptée au sel) : soude maritime, aster maritime, salicorne, puccinelle maritime …

 

ASSOCIATION SOMME II 

 

 

Le Crotoy, au bon vieux temps des verrotières

 

DAVID DELANNOY a écrit…

 

Il suffit de  vous retourner juste un peu vers l’arrière pour voir affleurer les images du passé et … quelques silhouettes, dans un lointain brouillé…

Me trouvant un jour à la maison de la presse du Crotoy, feuilletant  un livre de vieilles cartes postales, je suis tombé sur cette image venue d’ailleurs…

© ASSOCIATION SOMME II

De solides gaillardes, au teint halé, entourées de bambins, posaient  pour la gloire, devant les cabines en bois des villégiaturistes bien nés. Elles tenaient, à la pointe de leur longue pelle, un baquet pour les vers récoltés, à force de contorsions, dans les vasières de l’estuaire. Les regards des « verrotières », ainsi nommées, semblaient porter, sous leurs bonnets étroits, toute la dignité du pays. Et je me plaisais à penser que ces  figures rieuses observaient d’un air goguenard  un  frêle photographe à la barbichette, venu de la ville. 

C’est toute la magie, la force d’une photo ancienne,  capable de susciter l’imagination et  faire ressurgir un métier de femme de marin quasi disparu, un monde passé.

            J’imagine qu’après cette éphémère notoriété, les spécialistes du fouissage en baie avaient dû retourner à leur quotidien moins exotique, aux caprices des marées, au régime des vents. 

© WIKIMEDIA COMMONS Eugène CHIGOT 1893 Musée de Berck sur Mer

J’ai remis le livre au rayon des souvenirs et suis sorti en direction de la plage. De la boutique au sable, il n’y a que quelques pas de côté. Face à moi, les franges ocrées et lointaines du Marquenterre et cette douce lumière, abolissant les secrets, qui déclinait lentement sur le désert minéral au milieu des salicornes pionnières.

 

… Entre les frontières indécises, une ombre éphémère a surgi brouillant quelque peu la vision du passé … une ombre rieuse et gaillarde, coiffée d’un bonnet blanc, sortie d’un tableau qu’aurait pu signer Millet.

VERROTIERES, UNE PASSION

 

Néréis, le millepatte des vasières

 

Noms scientifiques

HEDISTE DIVERSICOLOR

NEANTHES DIVERSICOLOR

NEREIS DIVERSICOLOR

© Gaëtan DUPONCHELLE

Rouge, marron ou blanc, ce ver annélide, parcouru d’anneaux, hante les vasières, parfois même les sables.

Doté d’armes efficaces, mâchoires solides et mucus malin

Il dévore cadavres animaux et débris végétaux

Un sacré nécrophage.

 

REINETTE verrotière, un métier

 

Un entretien avec REINETTE, une des dernières verrotières de la baie de Somme.

 

« Je repère une vasière bien plantureuse

Je prête une oreille attentive… des vers chantent…

C’est décidé, ce sera là.

© Christian PORQUET

Je chausse mes bottes de 7 lieux, je saisis mes outils

Et me voilà partie pour une récolte d’un goût très particulier.

© Christian PORQUET

Je m’enfonce dans la vase molle

Avec mon râteau, je creuse une tranchée

Surpris les néréis se tortillent dans tous les sens

Je les ramasse, je les observe, 6cm minimum pour être choisis

Je les dépose délicatement sur ma caisse à claire-voie

Les néréis glissent tranquillement, libérées de leur habit de vase

Elles font peau neuve.

© Christian PORQUET

Une nouvelle tranchée, puis d’autres et d’autres encore…

Ma caisse est pleine à ras-bord

Un petit séjour en vivier d’eau de mer pour se refaire une santé

Enfin prêtes pour être croquées par des poissons et faire le bonheur des pêcheurs de loisir. »

© Christian PORQUET

REINETTE verrotière, une passion

 

REINETTE

Un petit bout de femme tonique, au large sourire.

 

A 9 ans déjà, elle courait dans la vase à la recherche de néréis

Un demi-siècle plus tard… le plaisir est toujours là.

 

LIBRE 

Elle arpente les vasières de la baie

© Christian PORQUET

Son quotidien

Braver froid, humidité, risques et usure physique

Les pieds dans la vase

Pour  capter l’énergie vivifiante de la baie

Le nez dans le vent

Pour vivre intensément la baie

Sa sublime beauté, son infini générosité, son exigence continue

 

Une belle philosophie de vie, somme toute.

 

ASSOCIATION SOMME II

RAMASSEURS DE PASSE-PIERRES, A LA FAUCILLE

 

Salicornia Europea ou passe-pierre

 

La baie de Somme s’étire jusqu’au pied de mer, crochetée par le poulier du Hourdel, libérée par le musoir de la pointe de St Quentin.

© Christophe BAUDREY

David DELANNOY écrit,

« Entre les deux rivages un paysage lacustre frémissant de vie. L’eau y court dans les chenaux, les rieux, les fossés couverts d’Obione, s’insinue entre les plantes halophiles étagées selon leur degré de résistance au sel et les îlots de sable nouvellement apparus. La Salicorne y est reine, l’Aster maritime, bleui de sel y est roi. Et sur l’herbe drue des mollières qui prolongent la mer, paissent les moutons prés-salés. »

 

 

« SALICORNIA EUROPEA »  salicorne ou corne de mer, passe-pierre, haricot de mer…vient du latin « SAL »pour sel et « CORNU » pour corne, ses tiges rappellent des cornes d’animaux.

© Christian PORQUET

La salicorne, légume sauvage gavé de sel, peuple les mollières ou prés-salés de la baie.

 

De juin à août

Le temps d’une marée…basse

Un ballet incessant d’étranges vélos 

Et de silhouettes trapues

Sillonnent la baie

C’est « LA CAMPAGNE ».

 

 

A la faucille…

 

Là, sous les yeux du jardinier de la baie

Une forêt de passe-pierres

Prêtes pour la cueillette…

© Christian PORQUET

Alors…

La faucille dans un mouvement incessant de balancier

Coupe, coupe et coupe encore

Les jeunes pousses de passe-pierres fièrement hérissées vers le ciel…

© Christian PORQUET

Vidé, le panier de la faucille gorgé de passe-pierres

Bientôt le sac ventru est ficelé comme un paquet cadeau

Et porté à dos du ramasseur…

© Christian PORQUET

Chargé à califourchon sur le vélo made in baie de Somme

Pas de pédales, pas de selle, pas de freins

Deux sacs sur le vélo, « une belle moisson »

Le temps est venu de pousser le vélo et de rejoindre la terre ferme…

© Christian PORQUET

 ASSOCIATION SOMME II

RAMASSEURS DE PASSE-PIERRES, AU COUTEAU

 

 

Nous sommes sur le schorre, lieu exceptionnellement végétalisé…

 

Là…

 Sous les yeux de REINETTE

Des passe-pierres et d’autres herbes plus ou moins folles…

© Christian PORQUET

La coupe sera précise

Bras armé de son couteau taillé sur mesure

 

REINETTE

Sert un bouquet de salicornes entre ses doigts

Coupe, coupe et coupe encore avec une précision d’experte

Fière 

De cette récolte d’une qualité exceptionnelle et de longue conservation…

© Christian PORQUET

Et maintenant, régalez-vous !!!

 

 REINETTE conseille…

Dégustées crues, elles seront charnues et croquantes

Cuisinées, elles enchanteront vos papilles…

 

ASSOCIATION SOMME II

DES COQUES DES OUTILS ET DES HOMMES

 

Des coques…

© Christian PORQUET

En baie de Somme 

De flot à jusant

La vague passe et repasse …

Des sables luisants à peau de serpent

Abritent des milliers de petites coques…

© Christian PORQUET

La coque commune  

Cerastoderma edule Linnaeus

© Christian PORQUET

Blanc, beige ou ocre…à bordure ondulée

Ce mollusque bivalve aime les estuaires

Il se régale de phytoplancton et de matières organiques en suspension

Sa taille n’excède pas 5cm…

 

Des coques et des outils…

 

Un râteau, un crible ou venette, un seau, des sacs…

© Christian PORQUET

Pour le transport

Un vélo déshabillé, ni selle, ni pédales, ni freins…

© Christian PORQUET

Des coques, des outils et des hommes…

 

Le XIV ème siècle,

 Début probable de cette activité traditionnelle de ramassage des coques en baie de Somme.

 

Aujourd’hui, 

La pêche à pied des coques est règlementée…période, taille, quantité…

Préservation de la ressource oblige…

© Christian PORQUET

 ASSOCIATION SOMME II

BEBERT, HENONNIER EXPERIMENTE

 

Coque ou hénon

Ramasseur de coques ou hénonnier

  

1, 2, 3, PARTEZ…

 

Les hénonniers sont dans les starting-blocks…

Dès le coup d’envoi donné par l’administration

Une armée de tracteurs roule en convoi à l’assaut des sables crotellois…

© Christian PORQUET

C’est un petit matin frais à marée basse

Les hénonniers mettent pieds à terre

Bardés de tous leurs précieux outils

Ils arpentent la plage du Crotoy

D’un œil avisé, ils choisissent un lieu propice à fouiller…

© Christian PORQUET

AU BOULOT !!!

© Christian PORQUET

FOCUS sur BEBERT !!!

 

Fouiller les sables avec son râteau

En extraire une boue de sable et de coques

Déposer cette boue dans la venette

Secouer puis rincer et verser dans le seau, les hénons d’une taille minimum de 3cm…

© Christian PORQUET

Dos pliés, une deux trois fois …

Seau plein, verser dans le sac

Sac plein, fermer le sac…

© Christian PORQUET

Deux sacs pleins, charger sur le vélo

Deux sacs pleins, charger sur le tracteur

© Christian PORQUET

Embarqués 

Coques, outils et hommes 

Pour un retour au Crotoy…

© Christian PORQUET

ASSOCIATION SOMME II

COLLECTE DE MEMOIRE VIVANTE

 

GERARD, MARIE, PATRICK, OLIVIER, GISELE, JEAN CHARLES, LUC, CHRISTIANE…

Ils sont tous là,

ils sont venus confier leur mémoire,

égrener leurs souvenirs, telle une douce balade d’hier à aujourd’hui,

captée par le filmeur au gré de l’interview.