LEGENDES_Baie de Somme


MYSTERIEUSE BAIE DE SOMME

Légendes

Illustration projet multimédia

Il était une fois…

Une sole amoureuse des étoiles… Cliquez ici

 

Un enfant sauvé des eaux par une fée lutineCliquez ici

 

Un pêcheur de rêves nommé « Zéphir »… Cliquez ici

La sole farceuse 

(Association Somme II / Thomas Dupont  / Collège de la Baie de Somme Juin 2021)

Cette histoire se passe sous la mer, là où les humains ne sont pas les bienvenus…

Il était une fois une sole qui vivait en baie de Somme. La sole est un poisson plat qui aime se poser sur les fonds sableux ou vaseux des estuaires comme celui de la Somme. Cependant, il y a très longtemps de cela, à l’époque où les mouettes dansaient encore la java, la sole était un poisson comme les autres. C’est-à-dire un poisson que les enfants dessinent pour le 1er avril…Poisson d’avril, ah, ah, ah…


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Protecteur 1

(Association Somme II/Thomas Dupont/ Guides de la Baie de Somme/avril 2021)

Face à la puissance des éléments, les êtres humains sont souvent bien frêles…

En Baie de Somme, les éléments sont aussi bien la pluie battante que le vent hurlant, les vagues scélérates, la tempête destructrice, les marées déferlantes et le brouillard inquiétant…brrr…

Face à la puissance de ces éléments, il est toujours bon de savoir que l’on peut compter sur quelqu’un ou quelque chose pour nous protéger…

Il était une fois…

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Zéphir, le petit pêcheur de rêves


Il était une fois, il y a très longtemps à Cayeux un petit pêcheur de crevettes qui s’appelait Zéphir, 
Il était rêveur au grand dam de ses parents. Une bonne fée lui avait donné ce don. 
Mais Il était aussi pauvre et pêchait par n’importe quel temps, nus pieds, enfonçant son immense épuisette dans les sables mouillés pour attraper ce qu’on appelait ici les « seutrelles ». 

Un soir d’été alors que la mer brillait de tous les feux…Il arrêta son filet à l’endroit même où le soleil se couche et se mit à rêver d’une autre vie. Il s’imaginait dans un superbe château, au coin du feu, riche et entouré d’enfants.

 Mais la beauté du site lui fit oublier cette idée. A quoi bon chercher tous les trésors du monde, puisqu’ils sont ici, finit-il par penser. Rien ne pouvait être plus beau au monde que ce paysage et bien que pauvre il n’aurait donné sa place à personne d’autre.

 

Son lit c’était le souffle de la mer et chaque nuit il dormait dans les étoiles, réchauffé par les feux du coucher du soleil. Un matin, alors que la marée ramenait les vagues jusque sur la grève, il tira la mer sur lui comme une couverture et des diamants de lumière glissèrent entre ses doigts.


Ses mains se remplirent alors d’une rivière de pierres précieuses étincelantes, et frétillantes comme des petits poissons. C’était une explosion de verts merveilleux, de glacis bleus opalins, d’ors échappés des premiers matins du monde et de petits points incolores scintillants des mille éclats de l’arc-en-ciel…mais qui disparurent aussitôt.

Le souffle de la mer où il dormait le ramena doucement sur la rive. Malgré le maigre repas qu’il fit ce jour-là, ce spectacle lui remplit l’âme. Et chaque jour, il y trouvait une nourriture qui dépassait celle du corps.  

Un jour, alors qu’il vendait ses « seutrelles » sur le petit marché du port de Saint Valery, il raconta à un vieux monsieur barbu ce qu’il avait vu couler entre ses doigts. Sa manière d’en faire le récit était si belle que le vieux Monsieur en fut charmé. 

 


« Tu es un poète Zéphir, tu as l’art d’enchanter le réel. Les plus grands trésors du monde sont à l’intérieur de toi. Ton âme est pure comme un diamant. Magicien, tu changes les mots en or dès que tu les touches. Vraiment, moi aussi je suis ébloui, chaque jour, de toutes les merveilles que Dieu fait avec les verts, les bleus, le ciel, la terre, la mer, l’infini »

 

Le vieux barbu s’appelait Victor.  Un grand poète disait-on qui faisait de longues promenades sur les falaises et le long du littoral. IL revenait chaque jour au port acheter les crevettes de Zéphir et à chaque fois, le frêle enfant le fascinait. Son langage s’affinait, devenait transparent ou prenait l’allure majestueuse d’un albatros en plein vol. Chaque histoire était un petit bijou de délicatesse. Les mots étaient ténus, lumineux et irradiaient le cœur de celui qui l’écoutait.

L’année 1837 fut terrible pour Zéphir qui perdit père et mère en quelques semaines emportés par le choléra. Mais Zéphir était rêveur, à la fin du jour lorsqu’il avait trop de peine, il appelait le souffle du vent qui le ramenait là où les morts ne sont pas morts. Sa mère le consolait, l’enveloppait dans ses beaux bras de lune puis il rejoignait son père assis au bord du ciel. Il y pêchait les plus beaux poissons du monde. De retour sur terre, le petit Zéphir retrouvait le vieux Victor au marché du port. Mais ce jour-là, son casier de pêche était vide. 

« Que se passe-t-il ? »  lui demanda le vieil homme.

 

Je n’ai pas eu le temps, mais tu sais il y a le ciel entier dans ma nasse et c’est le plus beau ciel que je n’ai jamais péché. L’enfant lui raconta sa visite aux pays des morts qui ne sont plus morts. Victor savait au plus profond de lui-même que l’enfant poète disait vrai. Souvent, lui-même trouvait des chemins pour retrouver sa fille disparue tragiquement. Quelques temps plus tard, on ne vit plus Zéphir sur le marché. Devenu orphelin, on pensa qu’il avait été placé dans une institution religieuse. 

 

Des dizaines d’années plus tard le libraire de Saint Valery reçu un énorme paquet de Paris qu’il ouvrit aussitôt. Il s’agissait de superbes livres de poésie bordés d’or et d’argent intitulés  « Le souffle du vent » .


Il en déposa un exemplaire en vitrine et qu’elle ne fut pas sa joie lorsqu’il comprit que son auteur n’était autre que Zéphir le petit pêcheur de crevettes. Soutenu par Victor Hugo, qui avait préfacé la publication, il était devenu poète et tout Paris s’arrachait ses écrits.

Le libraire le contacta pour qu’il vienne dédicacer ses ouvrages. Ce qu’il fit. Ce fut une grande fête.


 IL descendit du train avec sa femme et de ses trois beaux enfants, mais pas seulement, fier de sa recrue, Victor Hugo l’accompagnait aussi. La fanfare était là et les valéricains les acclamèrent.


On les célébra et on pleura beaucoup surtout lorsque Zéphir se mit à lire ses poèmes. 

C’était une musique si douce … Le va et vient des vagues apaisantes, l’essence de vie qui  frémit jusqu’au plus profond de nous, ramenant les morts à la vie, et emportant les vivants dans le souffle du vent.  

 

Une statue des deux poètes fut édifiée devant la librairie puis transportée quelques années plus tard sur la place de Cayeux. On y voit le petit pêcheur, les pieds nus dans l’eau avec son épuisette, des feuillets à la main. Un vieux monsieur barbu en chapeau haut de forme se tient à ses côtés. Il le regarde avec attention et émotion.

Association Somme II

Anne-Marie JOUVE-BALEDENT

Juin 2021

Association Somme II

St Valery sur Somme

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