HISTOIRE_Peche


Pêche embarquée en baie de Somme

Ses ports
Ses marins
Ses bateaux

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PÊCHE EMBARQUEE EN BAIE DE SOMME

La baie de Somme, un espace maritime colonisé depuis très longtemps par les pêcheurs

  

Depuis l’antiquité, l’espace maritime de la baie de Somme attire en ses bras : pirates, guerriers, navigateurs, pêcheurs, marchands…

Ainsi l’exprime René Normand, 

« …Cette baie est le lieu d’un rendez-vous : celui de la vague sauvage et du cours d’eau, l’une soudainement apaisée par tant de beauté sereine, l’autre tout à coup tenté par l’inconnu. Par le dédale secret du chenal tortueux et de ses ramifications, ils se cherchent et se pénètrent. Comme eux firent les hommes. Ceux qui vinrent ici par la mer, ceux qui s’y embarquèrent, pour les unions et pour les heurts, écrivirent l’histoire du lieu… ».

 

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LES PORTS DE LA BAIE, AUTREFOIS

Dans les temps reculés, la baie de Somme avait un autre visage, les Bas-Champs étaient totalement immergés. Au milieu de ce bel espace maritime émergeaient des étendues de terre ferme, une île qui accueillie St Valery et des îlots sur lesquels furent bâtis Le Crotoy et Le Hourdel.

 

 

St Valery, de l’antique Leuconaus Voir+

 

Le Crotoy, à l’origine Voir+

 

Le Hourdel, en pointe Voir+

 

ASSOCIATION SOMME II   2022

St Valery, de l’antique Leuconaus

Ville Haute, Ville Basse 

 

De tous temps, le site de St Valery a été propice à l’installation humaine. Cette île escarpée, commandait l’entrée de l’estuaire et  assurait un abri à des embarcations de toutes sortes.

Dès la préhistoire, ce promontoire fut colonisé. 700 ans avant notre ère, les grecs s’y seraient établis  et l’auraient appelé « Leuconaus » (vaisseau blanc), deux siècles plus tard les gaulois s’y seraient fixés. Conquis par les romains en -52, le port se développa dans l’anse entre Ville Haute et Ferté.

Au VIIe siècle, St Valery, qui donnera son nom à la ville, vint fonder une abbaye qui attira l’implantation de nouvelles habitations, la ville Haute était née, construite sur la falaise.

La ville Basse ou La Ferté (Ferté de firmitas / fermeté – terre ferme) doit son origine aux pêcheurs qui s’installèrent le long du rivage au pied de la falaise.

Au Xe siècle, St Valery est déjà un actif port de pêche, un abri très réputé.

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Le Crotoy, à l’origine …

 

Depuis l’embouchure de la Canche, jusqu’au cap de Noyelles, s’étendait un vaste estuaire de sable et de marais que la mer envahissait à chaque marée et qui formait une multitude d’îles inabordables.

Le Crotoy est né pratiquement en même temps que le banc de sable sur lequel il est édifié, aussitôt le dépôt limoneux raffermi, des pêcheurs vinrent l’habiter.

Le séjour des Celtes sur le « crot » de l’embouchure de la Somme est révélé par de nombreux vestiges.

Les celtes appelaient « crot » un banc de sable formant abri. Mais « crot » viendrait également du celtique « cro », boue. Or près du « crot » où fût édifié Le Crotoy, il y avait un sol de boue formé de ravins comme sont toutes les molières.

La première ville du Crotoy, d’origine celtique se nommait « Mayoc », port de la Maye. Un des bras de la Maye se jetait à la mer en longeant un massif de galets d’une bonne hauteur nommé « barre-mer » lequel formait un havre ou « hoc » d’où le nom de « Maye-hoc » puis « Mayoc ».

Les romains désireux de commander l’entrée de la baie, s’y installèrent. Par un jour de tempête, une tranche du banc fut entamée et les eaux balayèrent la ville gallo-romaine, des siècles durant de nombreux vestiges hantèrent les sables de la grève.

Le barre-mer maintenant sectionné comprenait deux parties, celle tronquée accueillit la construction de nouvelles habitations et conserva le nom de « Mayoc », l’autre qui formait une butte isolée ou un « crot » fut nommée Crotoy, à cause de ce banc de sable ou des molières qui l’entouraient.

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Le Hourdel, en pointe …

 

Entre Le Crotoy et Le Hourdel, s’ouvre la Baie de Somme, nous aborderons Le Hourdel par son extrême pointe.

Pour les locaux, Le Hourdel, c’est en langue picarde :

« Chu Hourdiau – Chu Hourte iau – Le Heurte iau – Le Heurte l’eau »

 Heurter… la Pointe du Hourdel joue réellement un rôle de heurtoir, un cap qui heurte l’eau.

Le regard qui se porte au loin sur le rivage du Hourdel, aperçoit de nombreux cordons de galets enroulés, façonnés par la mer.

D’où proviennent ces innombrables galets ?

 Les galets sont des fragments de silex roulés, ils proviennent de la destruction des falaises du Cap d’Antifer à Ault. Ces falaises composées principalement de craie comportent entre les diverses couches superposées, des lits de silex.

Comme les sables, les galets sont mobiles, ils sont les jouets de la mer, les lames les soulèvent et les chassent le long des côtes formant des cordons de galets qui s’enroulent depuis des siècles les uns auprès des autres.

Et c’est ainsi que par éperons successifs les galets ont progressé depuis les falaises jusqu’à la Pointe du Hourdel, extrémité recourbée du cordon de galets.

Ainsi sur ces amas de galets et de sable furent implantées les premières maisons de pêcheurs.

 

 

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