HISTOIRE_Peche
Pêche embarquée en baie de Somme
Ses ports
Ses marins
Ses bateaux
Ses marins
Ses bateaux
PÊCHE EMBARQUEE EN BAIE DE SOMME
La baie de Somme, un espace maritime colonisé depuis très longtemps par les pêcheurs
Depuis l’antiquité, l’espace maritime de la baie de Somme attire en ses bras : pirates, guerriers, navigateurs, pêcheurs, marchands…
Ainsi l’exprime René Normand,
« …Cette baie est le lieu d’un rendez-vous : celui de la vague sauvage et du cours d’eau, l’une soudainement apaisée par tant de beauté sereine, l’autre tout à coup tenté par l’inconnu. Par le dédale secret du chenal tortueux et de ses ramifications, ils se cherchent et se pénètrent. Comme eux firent les hommes. Ceux qui vinrent ici par la mer, ceux qui s’y embarquèrent, pour les unions et pour les heurts, écrivirent l’histoire du lieu… ».
Les ports de la baie, autrefois Voir +
Pêche embarquée, une tradition en baie de Somme Voir +
Sauterelliers et gens de mer
Sauterelliers, quels principes constructifs… Voir +
Gens de mer, rituels et croyances… Voir +
De valeureux sauterelliers à l’image de la baie
Sauterelliers de la baie de Somme, ardents et pétillants… Voir +
Sauterelliers de la baie de Somme, protecteurs des mal pris… Voir +
Pêche à la baleine des temps anciens
XVIème siècle, Port de St Valery et baleiniers, un défi surprenant… Voir +
XIXème siècle, marins valéricains et baleiniers, un défi lointain… Voir +
Gadus Morhua
Que je te chasse, que je te pêche !!!
Une pêche lointaine, la grande pêcherie de TERRE-NEUVE… Voir +
La grande pêche, une pratique ancienne, bien rodée… Voir +
Pêche harenguière, pêche populaire (1)
Clupea harengus, hareng roi de l’Atlantique… Voir +
Campagne de pêche aux harengs, toute une organisation… Voir +
Pêche harenguière, pêche populaire (2)
Campagne de pêche aux harengs, c’est parti… Voir +
Campagne de pêche aux harengs, on livre… Voir +
LES PORTS DE LA BAIE, AUTREFOIS
Dans les temps reculés, la baie de Somme avait un autre visage, les Bas-Champs étaient totalement immergés. Au milieu de ce bel espace maritime émergeaient des étendues de terre ferme, une île qui accueillie St Valery et des îlots sur lesquels furent bâtis Le Crotoy et Le Hourdel.
St Valery, de l’antique Leuconaus Voir+
Le Crotoy, à l’origine Voir+
Le Hourdel, en pointe Voir+
ASSOCIATION SOMME II 2022
St Valery, de l’antique Leuconaus
Ville Haute, Ville Basse
De tous temps, le site de St Valery a été propice à l’installation humaine. Cette île escarpée, commandait l’entrée de l’estuaire et assurait un abri à des embarcations de toutes sortes.
Dès la préhistoire, ce promontoire fut colonisé. 700 ans avant notre ère, les grecs s’y seraient établis et l’auraient appelé « Leuconaus » (vaisseau blanc), deux siècles plus tard les gaulois s’y seraient fixés. Conquis par les romains en -52, le port se développa dans l’anse entre Ville Haute et Ferté.
Au VIIe siècle, St Valery, qui donnera son nom à la ville, vint fonder une abbaye qui attira l’implantation de nouvelles habitations, la ville Haute était née, construite sur la falaise.
La ville Basse ou La Ferté (Ferté de firmitas / fermeté – terre ferme) doit son origine aux pêcheurs qui s’installèrent le long du rivage au pied de la falaise.
Au Xe siècle, St Valery est déjà un actif port de pêche, un abri très réputé.
ASSOCIATION SOMME II 2022
© Collection Béatrice LELONG
© Christophe BAUDREY
© Collection Patrick VUE
© Christophe BAUDREY
Le Crotoy, à l’origine …
Depuis l’embouchure de la Canche, jusqu’au cap de Noyelles, s’étendait un vaste estuaire de sable et de marais que la mer envahissait à chaque marée et qui formait une multitude d’îles inabordables.
Le Crotoy est né pratiquement en même temps que le banc de sable sur lequel il est édifié, aussitôt le dépôt limoneux raffermi, des pêcheurs vinrent l’habiter.
Le séjour des Celtes sur le « crot » de l’embouchure de la Somme est révélé par de nombreux vestiges.
Les celtes appelaient « crot » un banc de sable formant abri. Mais « crot » viendrait également du celtique « cro », boue. Or près du « crot » où fût édifié Le Crotoy, il y avait un sol de boue formé de ravins comme sont toutes les molières.
La première ville du Crotoy, d’origine celtique se nommait « Mayoc », port de la Maye. Un des bras de la Maye se jetait à la mer en longeant un massif de galets d’une bonne hauteur nommé « barre-mer » lequel formait un havre ou « hoc » d’où le nom de « Maye-hoc » puis « Mayoc ».
Les romains désireux de commander l’entrée de la baie, s’y installèrent. Par un jour de tempête, une tranche du banc fut entamée et les eaux balayèrent la ville gallo-romaine, des siècles durant de nombreux vestiges hantèrent les sables de la grève.
Le barre-mer maintenant sectionné comprenait deux parties, celle tronquée accueillit la construction de nouvelles habitations et conserva le nom de « Mayoc », l’autre qui formait une butte isolée ou un « crot » fut nommée Crotoy, à cause de ce banc de sable ou des molières qui l’entouraient.
ASSOCIATION SOMME II 2022
Le Hourdel, en pointe …
Entre Le Crotoy et Le Hourdel, s’ouvre la Baie de Somme, nous aborderons Le Hourdel par son extrême pointe.
Pour les locaux, Le Hourdel, c’est en langue picarde :
« Chu Hourdiau – Chu Hourte iau – Le Heurte iau – Le Heurte l’eau »
Heurter… la Pointe du Hourdel joue réellement un rôle de heurtoir, un cap qui heurte l’eau.
Le regard qui se porte au loin sur le rivage du Hourdel, aperçoit de nombreux cordons de galets enroulés, façonnés par la mer.
D’où proviennent ces innombrables galets ?
Les galets sont des fragments de silex roulés, ils proviennent de la destruction des falaises du Cap d’Antifer à Ault. Ces falaises composées principalement de craie comportent entre les diverses couches superposées, des lits de silex.
Comme les sables, les galets sont mobiles, ils sont les jouets de la mer, les lames les soulèvent et les chassent le long des côtes formant des cordons de galets qui s’enroulent depuis des siècles les uns auprès des autres.
Et c’est ainsi que par éperons successifs les galets ont progressé depuis les falaises jusqu’à la Pointe du Hourdel, extrémité recourbée du cordon de galets.
Ainsi sur ces amas de galets et de sable furent implantées les premières maisons de pêcheurs.
ASSOCIATION SOMME II 2022
© Collection Gérard MONTASSINE
© Christophe BAUDREY
PECHE EMBARQUEE,
UNE TRADITION EN BAIE DE SOMME
Pêcheurs de crevettes
Les pêcheurs de la baie de Somme embarquent sur leur sauterellier le temps d’une marée.
© Charles SAMSON
Vous avez dit « sauterellier » ?
Oui, bien sûr, un sauterellier est un petit bateau de 6 à 8m50, puissant et ardent comme les marins qui le manœuvrent.
De ci de là on entend dire :
« Il suffit de pousser la barre et vous le ferez louvoyer »
Incroyable !!!
Que pêchent les marins avec ce sauterellier ?
Ils pêchent principalement la crevette grise,
en picard « la seutrelle »,
elle passe son temps à sauter, sauter et sauter encore et toujours…
René NORMAND écrit :
« Les petits sauterelliers ne cessent pas leur va et vient, de La Ferté au large du Hourdel, vers les côtes du Vimeu et du Marquenterre au rythme des marées. Bien sagement rangés en file indienne, ils tracent dans l’estuaire des lignes sinueuses de points noirs parfois estompées par la brume ».
Une vie de maigres gains et de grande précarité, paraît-il ?
Cette vie très rude des pêcheurs du siècle dernier est chantée par des femmes et filles de marins valéricains…
ASSOCIATION SOMME II 2022
Chasseurs de canards
En baie de Somme, la saison hivernale, ses tempêtes, ses vents violents, son froid intense, était peu propice à la pêche.
Pas de pêche, pas de revenu, rien dans l’assiette, que faire ?
Les pêcheurs de la baie de Somme se sont improvisés chasseurs au gibier d’eau, essentiellement de canards : cols verts, sarcelles, bléries, courlis, chevaliers…
Hervé nous raconte comment les pêcheurs, fins connaisseurs de la baie, sont devenus chasseurs Cliquez ici
Malgré tout, pêcheur de père en fils
De génération en génération, de véritables lignées de marins-pêcheurs se sont constituées dans tous les ports de la baie, en dépit des difficultés.
Yves en témoigne Cliquez ici
ASSOCIATION SOMME II 2022
SAUTERELLIERS,
QUELS PRINCIPES CONSTRUCTIFS ?
Le 1er janvier 1970 naît, à St Valery sur Somme, rue de l’Echaux, sous la houlette de
Jean Michel DELOISON, le « Chantier Naval Deloison ».
© ASSOCIATION SOMME II
Depuis ce jour et durant ½ siècle, Jean Michel, jeune charpentier de marine passionné et passionnant, consacrera sa vie à la construction traditionnelle bois, maritime et fluviale.
Ses rapports avec le bois seront quasi fusionnels, sa vue, son odorat et son toucher seront abondamment sollicités et nourris. Il choisira son bois avec grand soin et prendra un immense plaisir à travailler cette belle matière, noble, vivante et surprenante.
© ASSOCIATION SOMME II
« Les deux frangins,
Rose des vents,
Caprice des mers,
Le matelot … »
Et bien d’autres sauterelliers seront façonnés par Jean Michel et son équipe…voir +
ASSOCIATION SOMME II
GENS DE MER,
RITUELS ET CROYANCES
Rituel de la pêche au rythme des marées
Dès que le flot s’annonce, le quartier des pêcheurs traversé de multiples venelles est le théâtre
d’un rituel immuable décrit en son temps par René NORMAND :
«« C’est un quartier bien modeste aux rues en pente raide menant à une chapelle et à un calvaire. Régulièrement aux heures convenables, les pêcheurs escaladent ou descendent ces artères étroites selon qu’ils se rendent au travail ou en reviennent. Au départ, tirer le bateau sur le flot après y avoir embarqué le mazout, mettre le moteur en marche : telle est leur besogne de mécaniciens autant que de pêcheurs. Au retour, amener le sauterellier sur une étroite grève, débarquer la pêche, souvent en vendre une partie aux habitants venus à leur rencontre…»
© ARCHIPOP
© ARCHIPOP
ASSOCIATION SOMME II
Chasse en bateau au rythme des saisons
Les mois froids, pas de pêche, plutôt la chasse en bateau pour de riches bourgeois venus taquiner le gibier d’eau.
© ASSOCIATION SOMME II
Emile DELABARRE, grand-père de Marinette initiait « ces messieurs » à la chasse aux canards en bateau…voir+
ASSOCIATION SOMME II
Ex-voto en offrande
Vie d’aventures, vie d’aléas
Gens de mer,
Implorer les protecteurs
Vœu formulé ou grâce obtenue
Un ex-voto en offrande
Plaques de métal, de marbre, navires miniatures…
Ex-voto marins,
Suspendus aux murs ou à la voûte
De quelques églises et chapelles de la baie de Somme.
Une protection assurée.
© Charles SAMSON
SOURCES :
F.LEFILS Histoire de la ville du Crotoy et de son château 1860
MINISTERE DES TRAVAUX PUBLICS Ports maritimes de France Paris, Imprimerie Nationale 1874
F.DALLERY Sur la côte d’Opale, les rivages de la Somme, autrefois-aujourd’hui-demain
Paris, Editions A. et J. Picard et Cie 1955
Fonds documentaire ASSOCIATION SOMME II
SAUTERELLIERS DE LA BAIE DE SOMME,
ARDENTS ET PETILLANTS
Ohé, ohé
Voiles en baie
Les sauterelliers rentrent de la petite pêche
Coque noire, nez au vent, toutes voiles dehors
Le flot les porte et les emporte
En file indienne, ils longent la grève
Ils viennent y mouiller leurs belles carcasses à l’abri des vents de mer …
© Collection Patrick VUE
SAUTERELLIERS, des originaux
Des navires pêcheurs de « seutrelles »
Une crevette grise qui saute … à ce qu’on dit?
Un délicieux crustacé, roi des eaux de la baie…




© Collection Patrick VUE
SAUTERELLIERS, increvables
Petites embarcations en bois de chêne bien sec
Construits dans les chantiers de St Valery, Cayeux, Abbeville…
Selon un rituel bien connu des charpentiers d’antan
Calfatés et goudronnés en touche finale
Pour 10, 20 ou 30 ans …
© Collection Patrick VUE
SAUTERELLIERS, armés jusqu’aux dents
© Collection Patrick VUE
D’étonnantes voiles ocre rouge, de coton, de chanvre ou de lin
Cachoutées pour les rendre imputrescibles…
Une perche comme unique instrument de navigation
Une rame au cas où …
Un fanal à l’arrière, de la lumière, évidemment !!!
Confectionnés par les matelots, des filets en coton
Un outil précieux que l’on chérit
Que l’on suspend en dentelle au mât ou aux murs …
Des cordages de cordiers et d’autre matériel …
SAUTERELLIERS, des durs à cuire
Bravant la baie, ses colères imprévisibles
Ses courants puissants, ses chenaux divagants …
Les sauterelliers se faufilent vers le large,
Ils vont toucher de la pointe du bout-dehors l’horizon lointain …
Bien équilibrés, ils se manœuvrent avec grande agilité
Pousser la barre suffit pour virer et louvoyer
Mais parfois en morte eau ou « mort vent »
Il faut rentrer à la godille …
Vers les années 1930, apparaissent les moteurs …
Sauterellier motorisé, sauterellier métamorphosé …
© Collection Patrick VUE
GLOSSAIRE
Grève : rivage fait de sable et de gravier
Cachouter : teindre du tissu avec du cachou riche en tanins
Godille : rame placée à l’arrière du navire
Fanal : lanterne à bord du navire
Cordages : liens servant à la manœuvre d’un navire à voiles
Boute-dehors : élément pointant à l’avant d’un navire à voile nécessaire à sa manœuvre
Louvoyer : naviguer en zigzag en cas de vent contraire
ASSOCIATION SOMME II
SOURCES
CHASSE MAREE n° 152
Fonds documentaire Association SOMME II
SAUTERELLIERS DE LA BAIE DE SOMME,
PROTECTEURS DES MAL PRIS
En baie de Somme, des pièges innombrables
Parfois des imprudents… Des inconscients…
Par chance, les sauterelliers veillent au grain… de sel…
Christiane en témoigne… voir +
ASSOCIATION SOMME II
XVIème SIECLE, PORT DE ST VALERY ET BALEINIERS,
UN DEFI SURPRENANT…
Jusqu’au XVème siècle, tumultueuse est l’histoire de St Valery
Maintes fois assiégée
Maintes fois saccagée, pillée, incendiée
Fin XVème, de ses ruines fumantes, lentement elle se relève
Réapparaît le calme
Réapparaît l’activité maritime
Au XVIème, amateur de pêche côtière, le port de St Valery arme désormais
Des morutiers
Des baleiniers
De grandes pêches lointaines…
Quel défi !!!
© WIKIMEDIA COMMONS – Musée Métropolitain d’art
Il est des pêches dangereuses
Comme l’écrit Jacques PREVERT dans son poème
« La pêche à la baleine »
© WIKIMEDIA COMMONS – G.Chamonin
…Le père apparaît hors d’haleine, tenant la baleine sur son dos
Il jette l’animal sur la table, une belle baleine aux yeux bleus,
Une bête comme on en voit peu.
Il dit d’une voix lamentable : dépêchez-vous de la dépecer,
J’ai faim, j’ai soif, je veux manger…
…Et pourquoi donc je dépècerais une pauvre bête qui m’a rien fait ?
Puis il jette le couteau par terre, mais la baleine s’en empare,
Et se précipitant sur le père, elle le transperce de part en part…
…La mère qui prend le deuil de son pauvre mari
Et la baleine la larme à l’œil contemplant le foyer détruit…
© WIKIMEDIA COMMONS – Université Washington – Banque d’images d’eau douce et marine
…Elle se dirige vers la porte et dit à la veuve en passant :
Madame, si quelqu’un vient me demander.
Soyez aimable et répondez :
La baleine est sortie, asseyez-vous, attendez-là.
Dans une quinzaine d’années, sans doute elle reviendra…
ASSOCIATION SOMME II
XIXème SIECLE, MARINS VALERICAINS ET BALEINIERS,
UN DEFI LOINTAIN…
Chassées sans répit, les baleines désertent les rivages de la Manche.
Au XIXème quelques armateurs français, certainement les plus téméraires, se risquent à taquiner la baleine à l’autre bout du globe.
La baleine, une bonne affaire
L’animal intéresse, ses sous-produits davantage
De l’épaisse enveloppe de lard, on tire de l’huile
Pour l’éclairage
Pour le graissage des machines
Pour le tannage des cuirs.
Des fanons, on confectionne parapluies et corsets.
© WIKIMEDIA COMMONS – Projet Gutenberg
Cette pêche spectaculaire séduit certains marins valéricains, qui s’embarquent au Havre pour de longs périples…
Une équipée à haut risque car les tempêtes d’alors sont particulièrement meurtrières
Avant même de chasser le cétacé
Egalement après…
C’est l’histoire d’ALFRED BEAUSSART, marin valéricain
Embarqué le 1er août 1837 au Havre
A bord d’un baleinier aux ordres du capitaine OSCAR.
Vogue baleinier
Sur les eaux de l’Atlantique Nord
Sur les eaux de l’Atlantique Sud
© Carte créée sur Géoportail
Le 11 octobre 1837, escale au Cap de Bonne Espérance…
Vogue baleinier
Sur les eaux de l’Océan Indien
Sur les eaux de la Mer de Tasman
Le 15 octobre 1837, arrivée sur les lieux de pêche
Baie des îles, en Nouvelle Zélande…
« Bay of Islands » ainsi nommée par James Cook en 1769
Une baie naturelle, pointe nord du pays
En ces temps-là, fréquentée par des baleiniers de tous horizons.
© WIKIMEDIA COMMONS – Université Washington – Banque d’images d’eau douce et marine
Pêche à la baleine, une technique d’un autre âge
Proie visible, chaloupes à la mer, harponneurs près à frapper
Proche du cétacé
Lancer du harpon, une première fois…
© WIKIMEDIA COMMONS – Bibliothèque du Congrès
La baleine brisera-t’elle la chaloupe ?
La baleine plongera-t’elle ?
La baleine sera-t’ elle piquée ?
Lancer du harpon, une deuxième, une troisième fois…
Telle une corrida sur l’eau…
Une véritable pêche d’usure.
Puis une mort à petit feu
Vidée de son sang par ses multiples blessures
La baleine meurt au bout de quelques jours.
Son cadavre flottant est dépecé sur place.
© WIKIMEDIA COMMONS – Université de Caen
ALFRED BEAUSSART écrit à ses parents :
« Le voyage que nous allons entreprendre sera sans doute long car nous ne devons revenir qu’entièrement chargé… »
A cette époque-là, les campagnes de pêche à la baleine s’étire sur plusieurs années, en cause l’éloignement des zones de pêche et la rentabilité de ce voyage interminable.
Alors, Alfred quand reviendras-tu ?
Dès que les cales seront remplies, à ras-bord, de fûts d’huile
ALFRED BEAUSSART reviendra…
© WIKIMEDIA COMMONS – Université Washington – Banque d’images d’eau douce et marine
« S’EN VA, S’EN VIENT »
Une chanson composée par THOMAS DUPONT
Inspirée des lettres d’ ALFRED BEAUSSART
S’en va, s’en vient
(Thomas Dupont)
Un petit air qui trotte dans la tête, des lettres d’un marin qui part vers d’autres horizons…
Le marin a une belle. Un jour, pour aller taquiner la baleine à l’autre bout du globe, il quitte sa belle avec une promesse de retour…
La pêche à la baleine, une pêche qui peut rapporter gros…
Partir oui, mais pour combien de temps… Un an, deux ans … Et plus encore…
La belle aura-t’elle la patience de Pénélope qui attendit de longues années le retour d’Ulysse ?…
Ecouter cette belle chanson d’amour en cliquant ci-dessous
La pêche intensive à la baleine a réduit considérablement cette population de cétacés.
Le 2 décembre 1946, la Commission Baleinière Internationale est créée.
Son objectif consiste à permettre la conservation judicieuse des populations de baleines et le développement ordonné de l’industrie baleinière.
ASSOCIATION SOMME II
SOURCES :
MINISTERE DES TRAVAUX PUBLICS Ports maritimes de France Paris, Imprimerie Nationale 1874
F.DALLERY Sur la côte d’Opale, les rivages de la Somme, autrefois-aujourd’hui-demain
Paris, Editions A. et J. Picard et Cie 1955
EN SOMME, Editions La Vague verte, nos 26 et 28, février et octobre 2006
ANNICK FOUCRIER et JEAN HEFFER « La productivité de la pêche à la baleine française, 1817-1868 »
UNE PÊCHE LOINTAINE,
LA GRANDE PÊCHERIE DE TERRE-NEUVE…
(Pêcherie : lieu de pêche)
En 1893, l’Abbé Caron commente ainsi l’activité du port de St Valery sur Somme :
« En 1675, au témoignage de l’Intendant Bignon, les affaires y sont florissantes. La plupart des navires, anglais, suédois, hollandais, hambourgeois, à destination de Paris, préfèrent débarquer à St Valery plutôt qu’au Havre.
La pêche aussi s’y faisait par soixante-dix bateaux de diverses dimensions.
La morue, le hareng et le maquereau sont l’objet principal de cette pêche. »
Depuis le XVIème siècle, la morue ayant déserté la Manche, les marins picards chassent la morue essentiellement sur les hauts plateaux sous-marins de l’Atlantique-nord ou BANCS.
© WIKIMEDIA COMMONS – University of Washington- Freshwater et Marine Image Bank
© WIKIMEDIA COMMONS – Bibliothèque Nationale de France
Gadus morhua (cabillaud, morue commune, morue franche)
Je vous présente
Gadus morhua
© WIKIMEDIA COMMONS – University of Amsterdam
Dame élégante au regard vif et à la robe colorée
Gadus morhua vit en Atlantique-nord.
Cabillaud voyageur, prolifique et vorace
Gadus morhua se régale de harengs, capellans, encornets…
Le FRENCH SHORE de TERRE-NEUVE
Deux siècles de privilèges
© WIKIMEDIA COMMONS
Le FRENCH SHORE
Droit d’usage consenti, sur les côtes de TERRE-NEUVE, aux navires français
D’aborder des havres propices à la pêche à la morue
D’y installer des sècheries.
Droit exclusif de pêche accordé par le Traité d’Utrecht en 1713 et supprimé en 1904.
Terre-neuviers et Terre-neuvas
GRAND BANC, BANC DE ST PIERRE, BANC A VERT
D’avril à octobre
Des trois-mâts goélettes ou terre-neuviers
s’adonnent à la grande pêche.
© WIKIMEDIA COMMONS – UBC Library
© WIKIMEDIA COMMONS – Wellcome Images
© WIKIMEDIA COMMONS
Un équipage hors-pair de terre-nuevas
Capitaines
Patrons de pêche
Trancheurs
Saleurs
Dorissiers
Embarqués à bord des terre-neuviers.



© WIKIMEDIA COMMONS – University of Washington- Freshwater et Marine Image Bank
© WIKIMEDIA COMMONS – Fond ancien de la bibliothèque de l’Université de Séville
© WIKIMEDIA COMMONS
Vive la grande pêche !!!
ASSOCIATION SOMME II
LA GRANDE PÊCHE,
UNE PRATIQUE ANCIENNE, BIEN RODEE…
Quelles pratiques pour quels résultats ?
Appâts, haims, menus ustensiles
Gadus morhua
Friande de harengs, capellans et encornets
Qu’à cela ne tienne, on va lui en donner…
© WIKIMEDIA COMMONS – UBC Library
Pour appâter Gadus morhua
Des hameçons boëttés ou haims…
(Boëtter : mettre de l’appât)
© WIKIMEDIA COMMONS – UBC Library
Sans oublier quelques menus ustensiles bien utiles à la grande pêche…
© WIKIMEDIA COMMONS – UBC Library
Tous les ingrédients réunis pour une belle grande pêche.
© WIKIMEDIA COMMONS – UBC Library
Au choix
Pêche sédentaire
Pas de temps à perdre…
Embarqués sur des chaloupes
Des hommes, affairés à pêcher
Gadus morhua…
A terre
Dans les starting-blocks
Des hommes, spécialistes de la morue séchée
Prêts à travailler
Gadus morhua…
© WIKIMEDIA COMMONS – Le Monde Illustré no 53
Pêche errante sur le Grand Banc
Pêche au large de TERRE-NEUVE
A bord, par tous les temps
Des terre-neuvas pour ferrer GADUS MORHUA…
Des terre-neuvas pour apprêter GADUS MORHUA…
© WIKIMEDIA COMMONS – UBC Library
C’est parti pour pêcher GADUS MORHUA
Du bord, à la ligne à main
Plus tard, avec des lignes de fond à bord de chaloupes
Plus tard encore, avec des doris
(Doris : petit canot en bois conçu pour la pêche en haute-mer)
Tous prêts, pour habiller GADUS MORHUA
(Habiller : préparer)
Aussitôt pêchée, GADUS MORHUA
Est
Ebreuillée (Eviscérée)
Décollée (Décapitée)
Tranchée (La colonne vertébrale ôtée)
Enoctée (Débarrassée du sang visible)
Grattée
Lavée
Salée
Remisée dans la cale
A la suivante…
Terre-neuvas, une vie d’enfer
Chant marin traditionnel
Ceux qu’ont nommé les bancs
Les ont bien mal nommés
Ils en font des louanges,
Ils y ont jamais été.
S’ils faisaient une campagne
Comme nous venons de faire,
Ils diraient que Saint-Pierre, c’est un pays d’enfer,
C’est un pays d’enfer.
© WIKIMEDIA COMMONS
Quand on est en pleine mer,
Pendant la traversée,
On tisse des haussières,
Chacun a son métier
Le décolleur débourre
Et le trancheur dégage
Le saleur « écarnache », le voilà justement,
Le voilà justement
© WIKIMEDIA COMMONS – University of Washington- Freshwater et Marine Image Bank
La traversée finie,
Sur les bancs faut mouiller.
Deux hommes dans chaque doris,
La morue faut pêcher.
Quand on arrive à bord,
Si l’on est pas chargé
On vous envoie au diable, doris et dorissiers,
Doris et dorissiers
© WIKIMEDIA COMMONS – University of Washington- Freshwater et Marine Image Bank
© WIKIMEDIA COMMONS
La première pêche finie,
À Saint-Pierre faut aller,
Débarquer la morue
Que nous avons péchée.
Les officiers nous disent
« Allons dépêchez-vous ! »
Ceux qui sont aux galères sont plus heureux que nous,
Sont plus heureux que nous
La campagne terminée,
En France il faut rentrer
Revoir les jolies filles
Que nous y avons laissées.
Leur raconter les peines
Tout c’que nous avons souffert
Et leur dire que Saint-Pierre, c’est un pays d’enfer,
C’est un pays d’enfer.
Aujourd’hui…
GADUS MORHUA
Victime de son succès, est une espèce menacée…
Une gestion durable des pêcheries serait à privilégier.
SOURCES :
L’ABBE CARON Histoire de St Valery 1893
ADRIEN HUGUET Le Port de St Valery, Editions La Vague verte 2012
ADOLPHE BELLET La grande pêche de la morue à Terre-Neuve 1901, Bibliothèque Nationale de France – Gallica
Le Cabillaud, un poisson menacé | WWF France
ASSOCIATION SOMME II
CLUPEA HARENGUS,
HARENG ROI DE L’ATLANTIQUE…
CLUPEA HARENGUS
Hareng de l’Atlantique
Amateur d’eau froide
© WIKIMEDIA COMMONS – University of Amsterdam
Corps ciselé
Peau luisante
Œil vif et brillant
En pleine mer
Hareng et sa cour
Un spectacle inoubliable
© ESPACE POUR LA VIE
Grand voyageur
Friand de plancton
Apprécié d’autres poissons, de phoques, de baleines…
ASSOCIATION SOMME II
CAMPAGNE DE PÊCHE AUX HARENGS,
TOUTE UNE ORGANISATION…
A nouveau de retour, le hareng côtier attise les convoitises…
Lucie Delarue-Mardrus (Par vents et marées, 1910) a écrit…
« L’hiver est revenu, l’horizon est plus grand,
La tempête nous mord de ses gueules ouvertes,
Mais, à travers les vagues vertes,
Par milliers, passe le hareng.
Le hareng passe ! Au large ! Allons à sa conquête !
Il n’est pas trop de nuits, il n’est pas trop de jours !
Nous avons le cœur plus en fête
Que ceux qui vont vers leurs amours. »
Branle-bas de combat
Patron-pêcheur et matelots s’activent
Des préparatifs, il y en a
© WIKIMEDIA COMMONS – University of WASHINGTON
Du chalut à l’étade
Le chalutier devient étadier
Puis, des huches à confectionner pour cette belle escapade.
Yves LAMIDEL nous raconte… Voir +
Et c’est parti, pour une nouvelle campagne…
© ARCHIPOP
ASSOCIATION SOMME II
CAMPAGNE DE PÊCHE AUX HARENGS,
C’EST PARTI…
D’octobre à novembre
De Boulogne à Fécamp
Suivons le hareng…
Matelots et patrons
Tous à l’unisson…
© ARCHIPOP
Yves LAMIDEL nous raconte…
CAMPAGNE DE PÊCHE AUX HARENGS,
ON LIVRE…
Sans plus attendre…
Plus d’une fois…
Etades installés puis, virés avec minutie
Enfin… Huches, à ras bord emplies…
Au port de Dieppe ou du Tréport
LIVRER
Ce beau hareng argenté…
© ARCHIPOP
Chacun à son poste…
Une équipe sur les quais
Une équipe sur le pont…
Lofets, mannes, mesures et caisses
Tout est en place pour un déchargement efficace
Les harengs n’ont qu’à se tenir prêts…
TOP DEPART !
Emplir-vider-emplir-vider…
Armé d’un lofet
Cueillir les harengs dans les huches
Du lofet dans la manne
La manne sur le quai
De la manne dans la mesure
De la mesure dans la caisse…
Une caisse = une mesure = une centaine de harengs
Empiler les caisses
Et enfin, compter les caisses…
© ARCHIPOP
200 à 250 caisses…
Oh !
Une fameuse campagne pour passer l’hiver
En attendant des jours meilleurs…
HARENG
Quant à lui…
Grillé, salé, mariné, fumé
Et même
Fêté…
ASSOCIATION SOMME II
Source : Les Harengs, St Valery en Caux 1978, Collection Jeanine BOURGAU






