Histoire SOMME II
SOMME II, UN DESTIN HORS DU COMMUN
Le bateau baliseur SOMME II surnommé le « Tonnier » a, pendant 50 ans, inlassablement remplacé une soixantaine de balises (ou « tonnes ») des chenaux de la Baie de Somme à l’aide d’un puissant cabestan.
Construit en 1950 par les chantiers Auroux d’Arcachon, SOMME II, baliseur à squelette métallique, revêtu de bois de chêne, a été conçu pour naviguer et s’échouer dans la Baie de Somme.
De corpulence trapue et doté d’une machinerie exceptionnelle (moteur Beaudoin DG3), ce navire à fort tempérament apprivoisa une baie capricieuse et rebelle pendant plusieurs générations.
Désarmé en 1999 par les Phares et Balises, le vaillant SOMME II, unique et incomparable, fut classé Monument Historique le 26 juin 2000 à l’issue d’un demi-siècle de durs et loyaux services.
SOMME II, DE BALISEUR A AMBASSADEUR
Propriété du Conseil Départemental de la Somme, le baliseur SOMME II est restauré de 2007 à 2009.
Depuis, SOMME II, est devenu le témoin le plus représentatif et le plus émouvant de l’aventure humaine des gens de mer, qu’il a su guider pendant plusieurs générations au travers des pièges des chenaux, pour la plus grande fierté de son équipage d’ailleurs…
Il est à lui seul une mémoire tellement vivante que dans nos esprits sa silhouette quasi-humaine est définitivement imprimée. Elle laisse transparaître en filigrane l’activité maritime florissante des trois ports de la Baie incarnée par la pêche artisanale, le transport commercial et, encore maintenant, la navigation de plaisance.
Emissaire et sentinelle, l’emblématique BALISEUR a, de fait, une profonde vocation à devenir l’AMBASSADEUR du patrimoine maritime de la baie de Somme.
Plus d’infos : https://www.bateaubaiedesomme.com/
SOMME II, LE BALISEUR…
La baie de Somme, un espace maritime balisé depuis le moyen-âge
Baliser la baie de Somme, quelle drôle d’idée !!! Voir +
Sécuriser l’accès aux ports de la baie de Somme, facile !!! Voir +
Le balisage en baie de Somme, quelle histoire !!! Voir +
Il faut « Un bateau sûr et stable », n’est-ce-pas ? Voir +
Un bateau construit pour apprivoiser une baie de Somme espiègle et rebelle
En 1948, quel baliseur construire ? Un véritable dilemme !!! Voir+
Quel chantier naval choisir ? Une vraie question !!! Voir+
Arcachon-St Valery, une authentique odyssée !!! Voir+
Ils sont venus, ils sont tous là, quel accueil !!! Voir+
Un navire à fort tempérament pour une baie de caractère
Un trafic maritime intense… Un univers turbulent…Quel trait d’union ? Voir+
SOMME II, le baliseur…Pour quelle mission ? Voir+
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Le balisage en baie de Somme, un véritable défi Voir+
Un baliseur, surnommé le « Tonnier »
Toutes sortes de bouées… Pour marquer les repères… Voir+
SOMME II, le baliseur…Expert en balisage flottant… Voir+
Au service du balisage… Des hommes en baie et à terre… Voir+
Baliseurs et pilotes, navigation sécurisée en baie de Somme
Une longue vie de balisage en baie de Somme… Voir+
Des navires et des hommes… Voir+
1999, une retraite, comme un nouveau départ…
SOMME II, une retraite bien méritée… Voir +
Une association, pour sauvegarder SOMME II… Voir +
SOMME II, propriété du Département de la Somme… Voir +
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BALISER LA BAIE DE SOMME,
QUELLE DRÔLE D’IDEE !!!
Depuis l’antiquité, la baie de Somme est fréquentée de manière conséquente et assidue. Elle offre aux navires de passage un abri en cas de coups de vent, un accès aux terres intérieures, pour commercer via le fleuve Somme.
Les 3 ports de la baie, St Valery, Le Crotoy et Le Hourdel, sont à l’origine, de petites bourgades de pêcheurs bâties le long du rivage de cette baie nourricière.
Au jour naissant, « Sans Peur », un petit caboteur à destination de St Valery
est arrivé en vue de Cayeux-s/mer…
BANCS DE SABLE-BANCS DE SOMME, CHENAUX SINUEUX
L’équipage est atterré …
En principe, les chenaux de navigation qui parcourent la baie permettent un accès naturel aux 3 ports.
Cependant en raison de l’ensablement, ces chenaux se déplacent de façon incessante, divagant au gré des vents et marées.
SECURISER L’ACCES AUX PORTS
DE LA BAIE DE SOMME,
FACILE !!!
Pour sécuriser l’accès aux ports de la baie de Somme, une recette unique depuis la nuit des temps :
– Repérer régulièrement le nouveau tracé des chenaux
– Y déposer des marques de balisage pour permettre la navigation.
© Christian PORQUET
Une bouée rouge à bâbord, une verte à tribord…
Et ainsi de bouée en bouée…
L’équipage du « Sans Peur » applaudit,
Le chemin est sécurisé …
ASSOCIATION SOMME II – 2022
LE BALISAGE EN BAIE DE SOMME,
QUELLE HISTOIRE !!!
© Christian PORQUET
Perches, tonnes, bouées
Selon Eugène Lomier, au moyen âge, déjà, le seigneur des lieux était tenu à l’entretien de plusieurs marques pour baliser le lit de la Somme.
Les chenaux de la baie étaient, à cette époque-là, jalonnés de perches, puis au XIXème siècle, de tonneaux en bois ou tonnes.
Au début du XXème siècle apparaîtront, les premières bouées en plaques de métal riveté.
© Administration des Phares et Balises
Fin XIXème, apparition des premiers baliseurs
dans la baie de Somme
C’est quoi un baliseur ?
Un baliseur, est un navire dimensionné et équipé pour déposer des marques de balisage le long des chenaux afin de sécuriser la navigation.
Tous en bois !
Les tous premiers baliseurs sont à voile, ils mesurent environ 8m.
Ils se nomment : « La Fanoche », « Pilote », « Somme ».
En 1937, « La Somme », 12m, premier baliseur à moteur.
Tous une fin tragique !
Disloqués, brisés, épuisés, coulés…
La durée de vie de ces premiers baliseurs n’excède pas 10 ans. Dans son rapport du 29.5.1935, Francis Dallery, subdivisionnaire des Ponts et Chaussées à St Valery, écrit :
« Le bateau-baliseur « Somme » fait de l’eau en service particulièrement après les manœuvres de levage des corps-morts de bouées, ces rentrées d’eau rapides proviennent de ce que toute la coque se déforme sous les efforts de levage »
En effet, déplacer une balise consiste à extraire son corps-mort des sables ce qui transmet un effet de torsion au baliseur qui peut atteindre 6 tonnes.
Un corps-mort, brrr…, c’est quoi ?
Un corps-mort est un bloc de béton de 100 à 500 kg posé au fond de l’eau, relié par une chaîne à une bouée afin de la maintenir en position. En baie de Somme, les corps-morts s’enfoncent dans la vase au rythme des marées, ce qui rend leur extraction difficile.
De même, dans son courrier, du 2.5.1947, l’ingénieur Fertin écrit :
« Lorsqu’on manœuvre le treuil, la proue plonge, l’arrière sort de l’eau et la coque subit un effet de dislocation dangereux »
© Francis Dallery
Harassant, le labeur des marins du balisage
En 1933, les promeneurs ont maintes fois l’occasion de voir passer dans le chenal une grosse embarcation. Des marins la manœuvrent le plus souvent à l’aviron.
A ce propos, Théo Varlet, romancier écrit :
« Ne voit-on pas aujourd’hui encore sur le chenal, les lamaneurs tirer l’aviron tels les marins d’Ulysse, debout dans leur bateau qui traîne en remorque, pareille à la dépouille de quelque cétacé rouge et ventru, une bouée peinte au minimum, qu’ils vont mettre en place dans les passes de l’estuaire »
ASSOCIATION SOMME II – 2022
« IL FAUT UN BATEAU SÛR ET STABLE »
N’EST-CE-PAS ?
En 1947, le bateau-baliseur « La Somme » dépérit, et oui…Disloqué, usé comme ses prédécesseurs.
Il faut un nouveau baliseur, « Un bateau sûr et stable »
comme l’avait préconisé Francis Dallery.
Francis Dallery, Subdivisionnaire des Ponts et Chaussées Maritimes à Saint Valery sur Somme
© Administration des Phares et Balises
L’ingénieur FERTIN, écrit dans son courrier du 2.5.1947 :
« Le baliseur « La Somme » est trop faible pour extraire les corps-morts, il s’en suit une dislocation complète de la coque à chaque opération créant ainsi des voies d’eau…Il paraît prudent de prévoir la mise en service d’une nouvelle unité en 1949 »
L’ingénieur FERTIN poursuit :
« Pour cette nouvelle unité, l’expérience a prouvé que le bois était à proscrire, seule une coque métallique offrira une rigidité suffisante…Le tirant d’eau ne devra pas dépasser 1m10…Il faudra prévoir une puissance de 80cv pour le groupe moteur… »
Quel baliseur sera construit en 1949 pour baliser la baie de Somme ?
ASSOCIATION SOMME II – 2022
EN 1948, QUEL BALISEUR CONSTRUIRE ?
UN VERITABLE DILEMME !!!
Déjà en 1935, Francis DALLERY, ingénieur subdivisionnaire, rappelait que le baliseur de la baie de Somme devait avoir :
Un faible tirant d’eau pour s’adapter aux chenaux,
Une étrave et une grosse charpente comme un ensemble indéformable
pour résister aux torsions,
Un moteur suffisamment puissant pour le remorquage des bouées…
Le 2 mai 1947, l’ingénieur FERTIN, rajoutait :
« …Nous proposons que toutes mesures soient prises en temps utile pour que nous puissions être en possession au cours de l’année 1949 d’un nouveau baliseur métallique. »
Mais surprise !
Pas de baliseur métallique pour la baie de Somme
Stupéfait et contrarié,
L’ingénieur FERTIN, dans son courrier du 17 octobre 1947, manifeste son mécontentement et propose une solution alternative :
« …S’il s’avérait impossible d’avoir recours au métal, un baliseur en bois ne pourrait se concevoir que construit autour d’un véritable cadre indéformable sur lequel s’appuierait le treuil et la poulie de relevage des corps morts. »
Bois, métal ou bois-métal
Chacun avance ses arguments
Bois ?
Le bois est disponible et la construction d’un navire en bois, rapide.
Métal ?
La construction en métal est avantageuse pour la solidité du bateau.
Bois-métal ?
L’ossature métallique évitera les déliaisons de la partie bois.
Le dilemme est tranché
C’est un baliseur bois-métal
Un appel d’offres est lancé par les Phares et Balises le 2 mars 1948 pour construire :
« Un bateau à usage de petit baliseur destiné au service de la Somme avec coque et ossature en bois renforcées d’une armature métallique… »
« Le bois-augmenté »,
dira plus tard Jean Louis DAUGA, expert auprès du Ministère de la Culture.
ASSOCIATION SOMME II 2022
© Christian PORQUET
QUEL CHANTIER NAVAL CHOISIR ?
UNE VRAIE QUESTION !!!
Huit constructeurs sont consultés, trois, seulement, feront des propositions :
Les Chantiers AUROUX à Arcachon
Le Chantier naval CLAPAREDE à Petit-Quevilly
Les Chantiers Dieppois
Qui sera l’heureux élu ?
Les Chantiers AUROUX
Le marché no 1022, de construction du baliseur, est signé le 21.8.1948. Voir+
Un véritable défi !!!
© : Les Cahiers du Bassin N°24 et N°25, Collection les Amis des Cahiers
Deux ans de construction d’un baliseur unique en son genre. Voir+
La construction se termine le 20 juillet 1950, le baliseur rejoint la baie de Somme
Quelle aventure !!!
ARCACHON-STVALERY
UNE AUTHENTIQUE ODYSSEE POUR LE BALISEUR DE LA BAIE DE SOMME !!!
ARCACHON, en ce beau jour de juillet 1950,
Le ciel est bleu, la mer est d’huile…
POINTE DE L’AIGUILLON, hop, à l’eau …
« L’eau me porte, je glisse imperturbable.
Navire de baie, navire à fond plat, je roule et je tangue.
A mon bord, trois marins valéricains,
Bernard et Pierre LAMIDEL, Georges GODIN,
de rudes gars, au timbre grave teinté de quelque accent,
aux gestes sûrs pour ce long périple, d’ARCACHON à la BAIE DE SOMME… »
Voici la feuille de route,
Très vite,
Quitter le BASSIN d’ARCACHON
Se faufiler et voguer vers l’océan
Longer tranquillement les LANDES
Faire un clin d’œil à LA ROCHELLE
BREST, ça chahute…
Admirer les fortifications de ST MALO, la ville des corsaires
Ça bruine, un doigt levé, LE COTENTIN
LE HAVRE, scruter ce grand port de mer
De superbes murailles blanches jusqu’à AULT, ça impressionne…
Au loin une échancrure dans les terres,
La BAIE promise !!!
Une brève halte au pied de mer, un léger répit…
« Quelle expérience !!!
Les humeurs de l’océan à négocier,
Agir constamment de concert avec le capitaine,
C’est mon tempérament… »
La mer gonfle,
Le grand pavois est hissé,
Fini les rêveries,
Que la fête commence,
Nous sommes le 2 août 1950 à 17h…
ASSOCIATION SOMME II 2022
© Christian PORQUET
ILS SONT VENUS, ILS SONT TOUS LA,
QUEL ACCUEIL !!!
« Je m’avance, je m’ébroue, ma coque fend l’eau,
le flot fonce avec vigueur, je lui emboîte le pas. »
Ils sont venus, ils sont tous là,
« Les sauterelliers pavoisés se précipitent à ma rencontre,
ils actionnent leur corne de brume »
« Je suis attendu, quelle ambiance !!! »
Le flot se déroule tel un tapis rouge,
le grand pavois claque au vent,
la foule a pris d’assaut les quais.
Au loin les chants marins accompagnent les musiciens.
© Christian PORQUET
Ils sont venus ils sont tous là
©ASSOCIATION SOMME II
Chacun y va de son commentaire,
« Quelle silhouette !!! D’incroyables mensurations 17m50-5m80»
« Beau, grand et fort…son poids 62T »
« Taillé pour apprivoiser la baie !!! »
« C’est un bateau bois avec un squelette en acier… Pas possible !!! »
De toutes parts, les conversations fusent…
« Ecoutez cette musique si particulière… »
« C’est le moteur du baliseur, il bat comme un cœur… »
« Il paraît qu’il démarre à l’air comprimé, il est refroidi à l’eau de mer »
« Un véritable moteur de bateau…marinisé…Le fameux BAUDOIN DG3 »
©ASSOCIATION SOMME II
Certains rajoutent…
« Regardez le cabestan, il a déjà une histoire…
Il équipait les chalands du débarquement de juin 1944,
Il était destiné à les déséchouer »
« Inimaginable !!! »
« Un véritable navire taillé sur mesure pour baliser notre baie… »
Ils sont venus, ils sont tous là
Le préfet accompagné des édiles,
Le doyen l’abbé FERRET,
Une demoiselle WADOUX du CROTOY, marraine du baliseur,
Pierre HELLE, parrain du baliseur,
Dans le port de St VALERY, l’abbé FERRET bénit le baliseur SOMME II sous le regard bienveillant de tous les habitants de la baie. Voir+
UN TRAFIC MARITIME INTENSE…
UN UNIVERS TURBULENT…
QUEL TRAIT – D’UNION ?
Le 3 août 1950, les festivités terminées, il est temps pour le nouveau baliseur de se mettre au travail.
Solidement amarré au port de St Valery, le baliseur SOMME II perçoit une ambiance excitante.
« Je barbotais paisiblement dans une flaque d’eau et soudain le flot me ballotte, de ci de là, sans discontinuer.
Le signal est donné…
En ce petit matin, sur le port des silhouettes s’agitent, des voix s’élèvent, des sauterelliers larguent leurs amarres, j’ai hâte d’être de la partie ».
Au cœur de la baie, par dizaines, les pêcheurs des 3 ports se risquent à la petite pêche,
ils empruntent en confiance les chenaux de St Valery et du Crotoy repérés par des bouées.
Un à un, les 5 marins du baliseur SOMME II embarquent. L’équipage est au complet.
Cinq gars de la baie paraît-il, ils la connaissent mieux que personne …
« Discrètement, je prête l’oreille à leurs conversations, pêle-mêle, je distingue quelques bribes :
Des marées de vives-eaux, des marées de mortes-eaux, de ce traître brouillard, du vent de « norwoé » et des tempêtes scélérates…,
J’ai hâte de me frotter à cet univers turbulent !!! »
Oh surprise !!! Aux portes de la baie se pointent des caboteurs lourds de leur chargement,
ils suivent paisiblement le chemin tracé par les bouées
« Mais alors, c’est donc bien moi le trait d’union
entre les gens de mer et l’espace versatile de la baie… »
ASSOCIATION SOMME II
SOMME II, LE BALISEUR…
POUR QUELLE MISSION ?
Les amarres de SOMME II sont larguées. Le patron du baliseur manœuvre cette coque à fond plat avec une grande dextérité.
Le baliseur fend l’eau, c’est l’heure de vérité…
Une première expérience de balisage en baie de Somme.
© Association Somme II
« Je suis confiant, à mon bord les cinq marins sont expérimentés.
Je les soupçonne même d’avoir de l’eau de baie
qui coule dans leurs veines.
Je connais ma mission, d’abord repérer le nouveau tracé des
chenaux de navigation puis déplacer les bouées si nécessaire.
Ensemble nous formons déjà une belle équipe. »
ASSOCIATION SOMME II
DES BOUEES EN BAIE DE SOMME,
UN CODE A DECHIFFRER
Les bouées, quel drôle d’objet !!!
Une bouée est un objet de balisage métallique maintenu au moyen d’une chaîne de longueur et grosseur variables, attachée à une masse pesante déposée sur le fond. Ces masses, dénommées « corps-morts », étaient autrefois en fonte puis en ciment armé. Selon la grosseur des bouées, les corps-morts peuvent peser de 100 à 500 kg.
En baie de Somme, le balisage offre aux navigateurs la clé de la passe navigable puis des chenaux d’accès aux ports par un jeu subtil de bouées, de formes, tailles, couleurs et numéros variés.
« Ce 3 août 1950, sorti du port, je longe tranquillement les quais Courbet et Jeanne d’Arc.
Face au Cap Hornu, j’aperçois « des bouées spéciales », de forme cylindro-conique, nonchalamment allongées sur l’eau.
Je poursuis mon chemin à la rencontre des belles qui flottent le nez au vent, les sphéroconiques n°3 puis les n°2.
A l’entrée de la passe sud-ouest, les sphéroconiques n°1, « bouées d’attaque de la passe », me paraissent particulièrement imposantes.
Et surtout, les plus dignes, les « bouées d’atterrage des bancs de Somme »,
Elles signalent l’entrée de la baie.
A cloche et à marteaux, elles renseignent sur l’état d’agitation de la mer »
©Francis DALLERY
ASSOCIATION SOMME II
©Francis DALLERY
LE BALISAGE EN BAIE DE SOMME,
UN VERITABLE DEFI
Le balisage en baie de Somme n’est pas une partie de plaisir mais un véritable métier avec une kyrielle d’exigences propres.
« De retour au port, je m’interroge,
Les besoins sont immenses,
La baie peu commode, dit-on !!!
La météo capricieuse,
Les intempéries nombreuses,
Les marées et les courants violents et retors,
Sans compter,
Des chenaux libres de louvoyer,
Des corps-morts à dessouyer,
De pesantes bouées à transporter,
Des échouages volontaires à envisager,
Et des marins exigeants à respecter,
Suis-je en capacité de relever un tel défi ? »
Sans aucun doute, ainsi l’écrit Francis DALLERY :
« Le bateau-baliseur SOMME II, exclusivement employé au balisage de la baie de Somme, est une belle embarcation de 17m50 de long, 6m de large et de 1m40 de tirant d’eau. Il est propulsé par un moteur marin de 150 CV de la marque Baudouin. Il comporte un treuil électrique permettant d’effectuer le levage et l’immersion des corps-morts des bouées. Les chaînes de levage de ce treuil s’enroulent sur de forts rouleaux fixés à l’avant du bateau. L’effort à fournir peut atteindre quelquefois, lorsque le corps-mort se retrouve enlisé sous une épaisse couche de sable, 5 tonnes environ. La charpente du bateau-baliseur est spécialement construite pour résister à de tels efforts. » VOIR+
ASSOCIATION SOMME II
LIGNE DE VIE
« … Le BALISEUR ! Il vient chaque fois que la mer et le fleuve s’en sont donné à cœur joie et qu’ils ont tout déplacé.
D’abord, j’entends son moteur, je le reconnais tout de suite, de très loin, impossible à confondre avec un autre. Il faut dire que c’est un bruit très spécial, merveilleux, sourd, régulier, lent, un bruit de vieux moteur comme on n’en fait plus, un bruit rassurant.
C’est un bateau solide, sérieux, un bateau de travail. Quelle présence ! Quel travail inlassable dans le grand désordre de cette eau, de ce sable.
Je l’entends venir et je me dis, je le savais, j’ai vu que toutes les lignes ont bougé et que plus rien n’est à la bonne place, les balises rouges et vertes.
Je ne suis pas le seul à penser que la place des lignes est une chose importante, ça me réconforte. J’aime ce bateau parce qu’il bataille avec la mobilité des lignes… »
Extrait de Ligne de vie, Françoise COSTE
C’est tout un art ! 2012
DES BOUEES POUR MARQUER LES REPERES
Marques de balisage essentielles à la navigation en baie, 64 bouées, en acier riveté puis soudé, jalonnent les chenaux de la Somme.
Ces drôles d’objets, configurés, nommés, chiffrés et peints selon un code précis s’agitent sur l’eau.
Comment décrypter le message ?
© Christian PORQUET
Premier repère : gabarit et silhouette
…Du pied de mer vers les ports…
Le gabarit régresse.
A l’entrée de la baie, les silhouettes impressionnantes des « sphéroconiques no 1 »,
font rapidement place à des figures de plus en plus modestes « les sphéroconiques no 2 »
et « no 3 »,
viennent ensuite les « biconiques »
et enfin les « cigares ».
© Association SOMME II
Deuxième repère : teinte et numéro
Tribord – verte – impair .
Bâbord – rouge – pair
© Christian PORQUET
Troisième repère : avec ou sans feu à éclats
La plupart « passives »
Une dizaine « lumineuses »
Quatrième repère : avec une ou plusieurs lettres
© Association SOMME II
Toutes ces bouées participent au « balisage flottant », type de balisage qui regroupe toutes les formes de balises ou bouées destinées à être mouillées en eau. Par opposition au « balisage fixe » qui comprend les espars, les feux de ports et les phares. Tout ce qui est fixe à terre comme en mer.
ASSOCIATION SOMME II
SOMME II, LE BALISEUR …
EXPERT EN BALISAGE FLOTTANT
« Depuis ce 2 août 1950, jour de mon arrivée en baie de Somme, le temps a passé.
Je ne me sens plus un jeunet, baliser la baie n’a plus aucun secret pour moi.
Dorénavant, je promène ma respectable silhouette sur les eaux de la baie.
J’ai même acquis quelque notoriété,
on me surnomme « Le TONNIER »,
effectivement, je déplace des bouées ou « tonnes »… ».
© ARCHIPOP
Le SOMME II balise la baie de Somme selon un scénario immuable.
Après chaque marée de « vives eaux », à pied ou à bord d’une yole, le nouveau tracé des chenaux est repéré et signalé,
Ensuite, les bouées dissidentes sont déplacées.
Le SOMME II pratique « le balisage par portes », Les balises bâbord et tribord sont mouillées face à face de part et d’autre du chenal formant une porte dans laquelle les navires doivent passer. Par opposition au « balisage alterné » où les balises sont mouillées alternativement à bâbord et à tribord.
© Association SOMME II
« Tous les 15 jours, « branle-bas de combat », après une marée de vives-eaux,
la baie est sens dessus dessous,
pas d’hésitation,
c’est le moment d’intervenir pour sécuriser la navigation… »
© Association SOMME II
A l’aide d’une yole équipée d’un cabestan manuel et d’un palan à 3 poulies,
les bouées-cigares de petit gabarit sont remises en bonne place.
© Association SOMME II
« Je suis sollicité pour déplacer les bouées de calibre plus imposant,
les biconiques et les sphéroconiques… »
Tel un iceberg, une bouée comprend 2 parties :
– Une partie émergée, le corps flottant,
– Une partie immergée, le corps-mort,
Le corps-mort, relié au corps flottant par une chaîne, maintient la bouée en place.
ARCHIPOP/Collection Association Somme II/ ARCHIPOP DR
« Me voilà fin prêt, pendant la marée de « mortes-eaux » qui suit, je remplis ma noble fonction.
Tout d’abord, désensouiller le corps-mort profondément enfoui dans la vase.
Un moment délicat…
Au moyen d’un grappin, attraper la chaîne et tirer, tirer et tirer encore… avec l’aide d’un puissant cabestan.
Extraire le corps-mort, récupérer la bouée et la replacer à l’endroit indiqué.
Une fois, deux fois, trois fois… autant de fois que de bouées dissidentes…
Toutes les rebelles sont en bonne place,
MISSION ACCOMPLIE.
Retour au port pour un repos bien mérité. » Voir +
GLOSSAIRE
YOLE : Petit bateau non ponté propulsé à l’aviron
MAREES VIVES-EAUX : Marée de très forte amplitude
MAREES MORTES-EAUX : Marée de faible amplitude
CABESTAN : treuil électrique ou manuel
PALAN A 3 POULIES : mécanisme permettant de soulever des objets lourds
GRAPPIN : crochet adapté pour saisir des objets
ASSOCIATION SOMME II
AU SERVICE DU BALISAGE,
DES HOMMES A TERRE ET EN BAIE
A terre, des hommes au service du balisage
Charles Paul VALLOIS, chargé en son temps, à terre, du balisage du SOMME II, témoigne :
« Donner aux marins du SOMME II, les moyens de baliser la baie, c’était mon boulot… »
Charles Paul poursuit,
« De 1993 jusqu’à 1999, j’ai été préposé au balisage administratif pour le SOMME II.
Des tâches bien précises m’étaient assignées.
Tout d’abord, fournir le matériel et l’avitaillement indispensables aux marins du baliseur :
bouées, corps-morts, chaînes, peinture, gasoil, huile moteur…
Ensuite, solliciter, chaque fois que nécessaire, le permis de navigation auprès des
Affaires Maritimes.
Sans oublier d’assurer la réalisation des travaux de carénage, grand carénage et plus si utile.
Ebaucher enfin les plans de balisage à partir des relevés, pour les navigateurs du lieu. »
© DDE Maritime
Balisage, véritable travail d’équipe, terre-baie…
Pendant ces 6 années, Charles Paul
a su mettre en musique cette partition de balisage avec brio,
il en a ressenti une certaine fierté.
ASSOCIATION SOMME II
En baie, des hommes au service du balisage
En baie, sur le baliseur SOMME II, cinq marins au service d’autres marins de la pêche,
du commerce et de la plaisance.
En baie de Somme, des marins au service des marins
Au pied de mer, les navires piaffent d’impatience dans l’attente du flot. Aux abords, les bancs de Somme se dorent au soleil.
La mer gonfle, les navigateurs repèrent l’ATSO, puis CH’3, la porte de la baie de Somme, flanquée de 2 tonnes à ballons, à tribord S1 la verte et à bâbord S2 la rouge.
© Parc Naturel Marin des Estuaires Picards et de la Mer d’Opale
L’onde-marée déferle sur l’estran et engloutit rieux, vasières, mollières en vive-eau.
TOP DEPART…
Les embarcations petites et grandes se faufilent le long du chenal de la Somme et remontent la passe de bouée en bouée, surfant sur les vagues, emportées par de puissants courants.
A tribord, la pointe du Hourdel et son bec crochu qui abrite le port et l’anse aux morts, j’en frissonne… Le périple se poursuit, au loin, la BIF, en robe jaune et noire, indique à bâbord ch’passage du Crotoy, à tribord le chenal de St Valery.
© Parc Naturel Marin des Estuaires Picards et de la Mer d’Opale
Un dernier effort, le dénouement est proche pour un accostage prévu au port du Hourdel, du Crotoy ou de St Valery avant que le jusant ne se retire vers d’autres horizons.
A St Valery, sous l’œil bienveillant et satisfait du baliseur SOMME II, les navires dans un ballet continu, abordent le quai et débarquent « seutrelles et pichons » pour les uns, d’exotiques marchandises pour les autres…
A tendre l’oreille, on entendrait presque le vaillant baliseur grommeler dans ses moustaches,
« Bravo les gars, vous, les marins du balisage, René, Robert, Yves, Jean Charles… ».
Paule PORQUET
(2019-2022)
COLLECTE MEMOIRE VIVANTE 2018
GERARD (75 ans) et JEAN (69 ans)
– ATSO : Atterrage Somme
Bouée Lumineuse rouge et blanche
Repère placé au milieu de l’estuaire pour en signaler l’entrée.
Jusqu’en 1970, Bouée à clock ou à cloche nord, bouée munie d’une cloche à son variable
selon l’agitation de la mer.
– Ch’4, Ch’noroit
Passage nord-ouest de la Baie emprunté par les marins crotellois.
Ch’4 a remplacé Ch’noroit aujourd’hui ensablé.
– Passage sud-ouest de la Baie
Passage utilisé par les marins valéricains et cayolais, aujourd’hui disparu car emprisonné par les renclôtures.
– Chenal de la somme, L’Somme
Chenal principal, voie d’accès naturel au Port du Hourdel, du Crotoy, de St Valery.
– Chenal du Crotoy, Ch’passage du Crotoy
Voie d’accès naturel au Port du Crotoy
– S1/S2, Tonnes à ballons, Ch’3
Ces 2 bouées indiquent l’entrée du Chenal de la Somme
– BIF : Bouée de bifurcation
Bouée jaune et noire,
Repère de bifurcation entre le Chenal du Crotoy et le Chenal de la Somme,
Les marins valéricains l’appelaient « La Tonne griolet » et crotellois « La Tonne
Bariolet ».
ASSOCIATION SOMME II
SOURCES :
ARCHIVES NATIONALES Pierrefitte-sur-Seine
E.LOMIER Histoire Anecdotique des phares, tonnes, balises, bouées et amers de la Picardie Maritime
Abbeville, Imprimerie Pilote de la Somme 1933
F.DALLERY Sur la côte d’Opale, les rivages de la Somme, autrefois-aujourd’hui-demain
Paris, Editions A. et J. Picard et Cie 1955
Témoignage Pierre HELLE 10.9.2018
Fonds documentaire Association SOMME II
UNE LONGUE VIE DE BALISAGE EN BAIE DE SOMME
« Mon premier bain de mer, souvenez-vous…
1950 dans le bassin d’ARCACHON…
Ce jour-là, au moment où j’ai mis les pieds dans l’eau,
Ils ont tous crié :
« LONGUE VIE AU BALISEUR DE LA BAIE DE SOMME »
Une boutade, non, une réalité…
Nous sommes en 1999, je suis toujours là,
½ siècle de balisage en baie de Somme à moi tout seul…
Qui dit mieux ?
A mon bord, un équipage d’enfer, un rôle pour chacun, une mission pour tous… »
Cinq marins sur le baliseur SOMME II, on les appelle les baliseurs.
Un capitaine maître du balisage, un mécanicien expert en DG3,
3 matelots opérateurs sur le pont.
Un métier palpitant…une position sociale honorable…
Baliser la baie
Entretenir baliseur et bouées
Assister et sauver navires et imprudents
Fêter la mer, honorer les disparus…





« Ce mardi au petit matin, le jour se fait attendre, dès 6h la surface lisse de l’eau se trouble de minuscules petits cercles de plus en plus nombreux. Le vent est tombé, mais les restes de la tempête du week-end laissent présager de belles lames en sortie de Baie…
Le chenal est plus que jamais à côté de ses tonnes !
A bord, comme à terre, le travail est parfaitement organisé…Didier descend à la salle des machines pour démarrer les moteurs, celui de propulsion puis celui du cabestan… Philippe et Jean-Charles prennent les guides du mât de charge tandis que Didier actionne le treuil…
L’heure d’appareiller arrive, les amarres sont larguées… La hauteur d’eau de 84 permettra de rallier la bouée 28 sans encombre…Philippe gouverne depuis la passerelle, guidé alternativement par Fredo ou Jean-Charles, qui face au vent dirige le projecteur de proue sur les bouées et les bans de sable en indiquant le cap à suivre…
A l’approche de la 28, chacun se prépare…
Jean-Charles se muni de son grappin attaché à un bout d’amarrage, Didier lance le treuil à mi-vitesse. Fredo prépare une élingue pour agripper la chaîne. Philippe termine son approche, stoppe les machines quelques mètres avant la bouée… Le grappin est lancé tandis que Jean-Charles passe le bout dans les rouleaux du pavois. Un cri et Didier enroule le bout sur le treuil. Un autre cri et le cabestan s’arrête….La bouée pend à l’envers sur bâbord, Jean-Charles fixe la bouée pour la maintenir…
A présent, il faut saisir la chaîne du corps mort pour le dérader…
Le corps-mort est enfoui sous plusieurs mètres de sable. On opère à petite vitesse. La poupe se soulève doucement tandis que la proue s’enfonce. Les chaînes sont tendues à bloc, grincent, se déforment. Le cabestan cale, la sirène d’alarme siffle. Philippe court redémarrer le moteur, tandis que Didier bloque le cabestan. A chaque lame, la chaîne se détend puis se tend brutalement. Au cabestan Didier tente d’amener le mou à chaque creux pour éviter les à-coups sur la chaîne, et progressivement celle-ci se détend. Jean-Charles a les yeux rivés sur la proue.
Plouf !, la proue retombe…
Le corps-mort est hissé à bord. Fredo l’amarre à l’aide d’un bout… Puis, sur les conseils de Jean Charles, Philippe déplace le bateau vers la nouvelle position de la bouée. Au signal, machine arrière, Fredo largue le corps-mort et Jean Charles la bouée.
Et de une !
La seconde bouée sera plus rebelle, le grappin perdra une dent ! Mais la puissance du cabestan triomphe toujours des corps-morts les plus ensouilllés.
A la 4eme bouée, les choses se compliquent. Le Somme II déjà fortement enfoncé à la proue donne des à-coups d’autant plus forts que la houle grossit, et soudain…
Blang ! La chaîne se brise…
Une chaîne, dont les maillons ont pourtant une section de 30 mm. Le corps-mort est perdu. Une nouvelle chaîne, un corps-mort de rechange, 2 manilles, quelques coups de chalumeau et à l’aide du mât de charge la ligne neuve est prête à être mise à l’eau.
© ASSOCIATION SOMME II
Vers 10h, Philippe accorde une petite pause casse-croûte. 15 minutes plus tard, tout le monde retourne à son poste. Les bouées 9, 10,11 et 12 sont accessibles, mais il faut faire vite. Malheureusement la bouée 12 sera récalcitrante, le grappin en perd ses dents ! …La bouée 12 terminée…
Il faut s’amarrer pour l’échouage.
Il ne reste plus qu’à attendre. On sert l’apéro pour se réchauffer…Le repas terminé, certains s’allongent sur les couchettes ou sur le pont, d’autres s’isolent pour méditer. Le bruit de l’eau nous berce. Au loin, des phoques nous observent avec curiosité. Les bancs de sable se découvrent, Le Hourdel et Le Crotoy sont à portée de pieds….
© ASSOCIATION SOMME II
L’attente se prolonge jusque 16 heures. Le vent s’est levé avec la mer. Le flot passe. L’eau monte, le navire frémit. Il se tourne face au courant avant de renflouer totalement. Didier démarre les moteurs.
Il reste encore 5 bouées en amont à faire avant la nuit et le reflux. Chacun fait au plus vite, Jean Charles déplace les bouées avec une précision d’expert…
19h30, c’est l’heure de rentrer, 18 bouées en tout aujourd’hui.
Le retour ressemble à l’aller … une journée de plus…
Ma dernière journée de balisage…
Je passe la main…
L’heure de ma retraite a sonné. »
GLOSSAIRE
BÂBORD : Côté gauche d’un navire en regardant vers l’avant
TRIBORD : Côté droit …
PROUE : Avant d’un navire
POUPE : Arrière d’un navire
MÂT DE CHARGE : Système permettant de charger, et déplacer les bouées
BOUT D’AMARRAGE : Cordage permettant de maintenir le grappin
ELINGUE : Câble dont l’extrémité permet d’agripper la chaîne
PAVOIS : Partie de la coque du navire au-dessus du pont
CABESTAN : treuil électrique ou manuel
GRAPPIN : crochet adapté pour saisir des objets
ASSOCIATION SOMME II








