© Collection Béatrice Lelong
Au XVII ème siècle, l’activité commerciale du fleuve Somme et la prospérité du port d’Amiens sont telles que, relier la Manche à Paris par un canal, devient une évidence.
C’est le début d’une longue histoire…
Qui s’achèvera en 1835 avec l’inauguration du Canal de la Somme.
Le Canal de la Somme se révèle être l’ouvrage d’art majeur du département.
Sa colonne vertébrale …
En août 1837, Victor HUGO écrivait à Adèle, son épouse :
« Hier matin, j’ai suivi en bateau à moteur les bords de la Somme…C’était superbe.
Ce n’est qu’arbres, prés, herbages et villages charmants…
De temps en temps, on s’arrête aux écluses… »
ÉCLUSE, qui es-tu ?
« Je suis un ouvrage hydraulique, formé de portes destinées à faire passer les bateaux entre deux biefs (portion de canal entre 2 écluses). »
Vingt-quatre écluses fluviales jalonnent le Canal de la Somme
Une seule est maritime car accessible aux navires de haute-mer
L’écluse maritime de St Valery sur Somme
Exceptionnelle à plus d’un titre.
Ouvrage, le plus imposant du canal, construit en 1818
Original, complexe et de qualité.
Trois éléments
Barrage inférieur – SAS – Barrage supérieur
Barrage inférieur
Ouvrage remarquable en pierre dure et en grès.
Deux passes dont une navigable
Passe navigable de 8m60
© Christian Porquet
Passe navigable
Equipée de deux portes de sens contraire
Porte du flot – coté mer / porte d’èbe – coté fleuve
Utilisée aux marées propices par les navires de haute mer
Dotée en 1860 d’un pont mobile, ouvrage tournant en tôle rivetée
Adaptée pour franchir le canal par la route et la voie ferrée métrique.
Grand SAS
Compris entre le barrage inférieur et le barrage supérieur
Surdimensionné pour accueillir plusieurs navires de haute mer.
Barrage supérieur
Identique au barrage inférieur, hormis le pont tournant, quoique plus modeste.
PONT, qui es-tu ?
« Je suis un ouvrage en pierre et/ ou en fer et/ou en bois construit pour maintenir la circulation entre les deux rives du canal »
Mobiles les cinq ponts du canal maritime
Tirant d’air oblige
(Tirant d’air : hauteur max du mât d’un bateau au-dessus de la ligne de flottaison)
Un pont basculant et quatre ponts tournants.
Le pont basculant de Pinchefalise
1955
© Christian Porquet
Porte de la baie-sud
A superstructures de fer déployées dans l’air.
« Un tablier à bascule posé sur deux piles de béton perpendiculaires à la route ».
Les ponts tournants du canal maritime
Sur-Somme, Laviers, Petit-Port et Boismont
Une idée de l’ingénieur Ernest FOUACHE
Une idée géniale
© Christian Porquet
« Le système fonctionne par un tablier pivotant sur une pile garnie d’un système de rotation composé d’un pivot et d’un cercle de galets disposés comme des plaques tournantes de chemin de fer ».
Notons que :
Deux personnes sont présentes pour actionner manuellement la rotation du pont.
En août 1837, Victor HUGO écrivait à Adèle, son épouse :
« Hier matin, j’ai suivi en bateau à moteur les bords de la Somme…C’était superbe.
Ce n’est qu’arbres, prés, herbages et villages charmants… »
ARBRES D’ALIGNEMENT
à portée technique et économique
En longue file indienne le long des biefs
Des arbres d’alignement d’une grande utilité
Repères du domaine public
Complices pour la navigation par temps de brume
Matériaux de construction si besoin…
ARBRES D’ALIGNEMENT
En dialogue avec le fleuve
Sur les rives du Canal de la Somme
D’interminables lignes d’arbres
Peupliers, marronniers…
Immobiles et bienveillants.
Là-bas, un long ruban d’eau
De sa source à son estuaire
D’un long pas tranquille
Mobile et fluide.
De temps à autre, du vent dans les ramures
Douce musique
Dans le même instant, frémissement subtil de l’eau
Un véritable concert nature.
Ce jour, belle transparence de l’eau
Miroir
Des houppiers à la belle saison
Des squelettes de bois l’hiver
Des arbres en costume d’arlequin à l’automne.
© Christian Porquet
GLOSSAIRE
CANAL : Cours d’eau artificiel navigable
OUVRAGE D’ART : Le Canal de la Somme est une construction de grande taille et de grande importance destinée à faciliter la navigation fluviale.
La construction de tels « ouvrages » nécessite aussi bien des connaissances théoriques qu’une solide expérience d’où l’appellation « d’art ».
SOURCES
HELENE IZEMBART et BERTRAND LE BOUDEC « Le Canal de la Somme », Conseil Général de la Somme, janvier 2005